top of page
luxurytail3.png

Luxe & Retail Formation sur-mesure |Coaching 

🎙️Podcast : Success Story : PyratzLabs - BBS Blockchain Business School - Dogami - Equisafe - Lezar House

Dernière mise à jour : 4 janv.


Invité : Bilal et Alamy


Podcast Luxurytail X PyratzLabs X Bilal El Alamy
Podcast Luxurytail X PyratzLabs X Bilal El Alamy

Cliquez ici pour lire le podcast

Sabine Luxurytail

Bonjour Bilal, merci à toi.


Bilal PyratzLabs

Merci de nous recevoir.


Sabine Luxurytail

Merci à toi, merci de nous accueillir dans vos beaux locaux à Levallois de chez PyratzLabs. Pour commencer est-ce que tu peux te présenter.


Bilal PyratzLabs

Bah écoute, déjà j'ai la trentaine, 32 ans pour être précis. J'ai un parcours scientifique à la base, en physique et en mathématiques, donc plutôt technique, un peu nerd. J'ai toujours eu une sensibilité un peu business et une fibre entrepreneuriale.


J’ai toujours été fasciné par les success stories américaines et l'envie d'être motivé par sa curiosité et le fait de vouloir résoudre des problèmes. J'ai une culture assez internationale et j'ai aussi voulu retranscrire ça dans mes études.

Après mon premier diplôme en maths et en physique, j'ai fait une École de Commerce. J'ai fait un parcours management. Après, je suis rentré un peu dans le parcours classique qu’il y a en École de Commerce. J’ai travaillé dans une banque d'investissement, j’ai travaillé dans du conseil. Mais mon objectif en travaillant pour ces structures-là, c'était d'aller prendre du savoir, comprendre un petit peu les enjeux métiers et voir comment la digitalisation pouvait améliorer les différents métiers des fonctions d'abord financières, puisque je travaillais d'abord en banque d'investissement. Et c'est un peu comme ça que ça a donné lieu à ma première invention entrepreneuriale, qui est Equisafe, dans les bureaux juste derrière, qui est en fait un outil de reporting financier pour des fonds d'investissement où il y a une brique blockchain. Et cette brique blockchain, on est revenu à la proposition de valeur initiale de la blockchain, c'est de la traçabilité, un peu à l’image comme dans le Luxe, on en reparlera, mais l'idée était d'utiliser la blockchain pour pouvoir tracer des parts de société.


Alors je dis des parts de société, c'est répertorier, dans ce qu’on appelle un registre de mouvement de titre - un cahier Clairefontaine littéralement - où l'avocat, à chaque fois qu'il y a une transaction va mettre à jour ce cahier. Et en fait c'est un peu le nerf névralgique parce que l'actionnariat. C'est ce qui va aussi donner le prorata des versements de dividendes, ça va être lié aussi aux enjeux de gouvernance et de vote. Et donc on a voulu créer un outil qui allait fournir ces services qui sont autour de la gestion de l’actionnariat. Et notamment le reporting financier pour pouvoir verser des dividendes, avoir des fenêtres de souscription et avoir une garantie, on va dire, digitale, une authentification des parties prenantes à une société.


On avait commencé avec l'aspect de la tokenisation qui était un peu… le produit, on va dire, l'implémentation, le vocabulaire de l'utilisation de la blockchain dans le secteur financier. Mais au final, c'était très réducteur de ce que fait aujourd'hui Equisafe. C'est pour ça qu'on définit ça plus comme un outil de reporting financier pour des assets managers avec une brique Blockchain, qui sert à de la certification.

Début 2021, on a eu un Product Market Fit avec Equisafe. Et en fait, un Product Market Fit, j'adore partager la chose suivante : c'est quand on sait quoi dire, à qui le dire, pour le signer avant de raccrocher le téléphone. Dans l'écosystème un peu Startup, c'est quand vous avez une vraie preuve de traction commerciale. Et en fait, souvent, on se dit que le Product Market Fit, c'est quand on arrive à vendre un truc. Mais si on met 6 mois à vendre un client, en fait, c’est pas vraiment « scalable ».


Donc le Product Market Fit, c'est quand on sait quoi dire, à qui le dire, pour le closer avant de raccrocher le téléphone. Et donc ça, j'ai compris ça dans mon aventure entrepreneuriale. Et à ce moment-là, Equisafe était plutôt dans une trajectoire positive. Et je me dis, « bah au final, j'aime beaucoup cet univers Web3 », je trouve qu'il y a plein de cas d’usages à explorer, je trouve que l'écosystème est encore un peu immature.


Comment est-ce qu'on peut mettre en place l'infrastructure pour favoriser le foisonnement, la création, la collaboration dans cet écosystème pour pouvoir créer énormément de cas d’études.
Podcast Luxurytail X Pyratz Labs
Podcast Luxurytail X Pyratz Labs

Parce que pour moi, il faut qu'il y ait une diversité de uses cases pour pouvoir adresser une diversité de personnes et créer cette inertie dans l'écosystème ou une adoption, on va dire, de masse. Aujourd'hui c'est très niche parce qu'il y a des gens qui aiment les jeux vidéo, du coup qui acceptent de tester et de comprendre. Mais du coup, il y a plein de types de jeux vidéo, donc pour adresser à tous les joueurs de jeux vidéo, il faut de la diversité.


Pareil dans les enjeux de traçabilité, etc.. Et c'est comme ça que j'ai eu l'idée de créer PyratzLabs, en me disant déjà que le premier truc, c'est qu'il manque un lieu physique pour animer et fédérer l'écosystème.



Du coup, on va faire un lieu physique pour animer et fédérer l'écosystème, alors ça passe par évidemment la création d'événements. Mais on voulait créer un modèle économique plus stable et qui soit aussi lié au « venture », parce qu'on est des entrepreneurs, on est des « builders », on veut construire des projets, on veut réussir à les vendre, on veut trouver des modèles économiques qui sont pérennes. Du coup, en fait, on a « brandé » PyratzLabs comme un incubateur où il y a différents programmes d'incubation.

Et là, on peut rentrer un petit peu dans la technicité. Il y a un programme qu'on appelle "Le Studio", c'est les gens chez Pyratz, des employés de chez Pyratz qui deviennent des entrepreneurs en résidence et qui proposent des projets. Ça a donné lieu à notamment Dogami, ça a donné lieu à la Blockchain Business School, ça a donné lieu à un projet qu'on va bientôt lancer qui s'appelle Secure dans la finance décentralisée.


Puis Dogami a plutôt bien marché, qui était un de nos premiers projets. Du coup, on s'est dit, on va capitaliser sur ce savoir qu'on a eu avec Dogami.

Ce savoir, c'est un réseau d'investisseurs, c'est l'expérience de construire des jeux vidéo. C'est l'expérience de manipuler des Tokens, on va créer un programme d'accélération pour pouvoir partager cette expérience avec d'autres entrepreneurs qui ne sont pas forcément des entrepreneurs residents ou des employés de PyratzLabs. À la suite de quoi, on s'est dit qu'est-ce qu'on peut faire encore avec PyratzLabs pour pousser l'écosystème plus loin ?


Podcast Luxurytail X Pyratz Labs X Dogami
Podcast Luxurytail X Pyratz Labs X Dogami


En fait, on est convaincu que pour qu'il y ait une adoption de masse, il faut que le Web3 soit moins vu comme une niche, qu’il y ait plus de porosité avec d'autres acteurs de l'économie. Et les plus gros acteurs de l'économie c'est les corporates, les corporations, les grandes entreprises. Et du coup, on s'est dit :

Quelle offre on peut monter pour aider les grandes entreprises à entreprendre dans cet écosystème un peu nouvelles technologies ?

On ne voulait pas faire du conseil en innovation, parce qu'on trouvait que c'était trop expérimental et ça avait peu de chances de voir le jour. Et en analysant un petit peu le marché, et moi, j'étais consultant, j'avais vendu des data labs, des labs d'innovation à des corporates. Et puis 3, 4 ans après, j'ai vu que, en fait, comme c'est des structures internes aux corporates, elles doivent respecter les process du corporate, c'est des employés et pas des entrepreneurs qui s'occupent de ces programmes-là.


Et du coup, on s'est dit :

Quel modèle on peut mettre en place pour qu'on soit pas dans la structure du corporate, qu'on soit pas rattaché au processus.

Et on s'est dit, en fait, un peu comme dans le Studio où on crée des boîtes, on va créer des boîtes pour des corporates, comme ça c'est une joint venture, c'est-à-dire une boîte connexe entre Pyratzlabs et le corporate, qui est co-financé et où on recrute des entrepreneurs qui sont incentivés ou ils ont des actions de la société. Et l'objectif est de rendre cette boîte indépendante. Et comme c'est une boîte connexe au corporate, elle a un peu plus de liberté, et elle n'a pas toute la lourdeur administrative du corporate de faire remonter 15 strats pour avoir des validations. Nous, on valide un budget, on finance la boîte et avec ce budget-là, elle est plutôt libre.


Sabine Luxurytail

Tu as un exemple de corporate justement un peu connu qui a créé sa boite ici en fait ?


Bilal PyratzLabs

Oui, d'ici un mois, on va annoncer une collaboration avec un premier corpo. Ça fait 9 mois qu'on travaille sur cette offre-là, c'est notre premier client. Ca a commencé. On travaille sur un jeu vidéo avec un gros acteur du jeu vidéo. Je ne sais pas quand le podcast va sortir, mais en tout cas, ça sera annoncé très prochainement. Et c'est un corporate que tout le monde connaît.


Donc voilà, ça nous fait un premier cas d'usage à montrer à d'autres corporates pour dire :

“Venez, on a trouvé le moyen de créer de nouveaux leviers de croissance, là où avant vous essayiez d'innover en interne et ça marchait pas et vous vous retrouvez à dépenser des centaines de millions pour acheter des boîtes qui marchent”.

Donc on propose un modèle un peu entre les deux et on leur dit, ben... qu’en investissant dans un projet, et si le projet marche, vous n'avez pas à racheter des boîtes, vous avez juste à racheter les parts des associés.


Sabine Luxurytail

Et ce sont des collaborateurs internes, vous allez recruter d'autres personnes pour la nouvelle société ?


Bilal PyratzLabs

Non, on recrute des personnes dans la nouvelle société. Sur le premier cas qu’on va annoncer, il s'avère que c'était un ancien employé de cette structure-là, mais qui a démissionné, et qui est rentré en tant qu'Associé dans cette structure-là. C'est pas un employé du corporate, ceux qui travaillent pour le corporate dans cette société-là. C'est quelqu'un qui a un contrat de travail dans cette société-là et qui est incentivé dans la société.


Sabine Luxurytail

C'est un laboratoire d'expériences.


Bilal PyratzLabs

Oui, dans une société connexe qui permet d'avoir un peu plus de liberté, de liberté de pouvoir ou de fibre entrepreneuriale.

Et donc voilà pour récapituler Pyratz un incubateur avec trois programmes d'incubation.

  • Un pour les corporates,

  • Un pour les entrepreneurs extérieurs,

  • Un pour les entrepreneurs internes.

Sabine Luxurytail

C'était très clair.

Et on peut peut-être aussi parler de la Blockchain Business School, qui est également logée dans vos locaux, dans Pyratz labs. Peut-être pour cette acculturation dont tu nous parles ?


Bilal PyratzLabs

Bien sûr. Alors la Blockchain Business School, encore une fois, c'était à la croisée de plusieurs problématiques auxquelles on était confronté en tant que builder.


Quand on construit des boîtes, il faut recruter des gens dans ces boîtes-là. On avait énormément de mal à trouver des gens à recruter. On s'appuyait sur des chasseurs de tête, on payait des “fees”, et moi ça m’hérissait le poil de lever de l'argent auprès de VC pour donner de l'argent à des chasseurs de tête. Donc je me suis dit, ok, il faut qu'on trouve une alternative à ça.

Le deuxième problème qu'on avait, c'est que toutes les personnes qu'on recrutait mettaient toujours trois mois avant d'atteindre, on va dire, une vitesse de croisière où ils créent vraiment de la valeur pour la société qui les recrutait.

Du coup, on s'est dit : très souvent il y a des préavis, donc on va créer des Bootcamp de trois mois pour que, pendant leurs préavis, ils puissent suivre ce bootcamp et arriver avec un minimum de clés qui devrait accélérer l'atteinte de cette vitesse de croisière.


Et le troisième, c'est que, on cherchait à recruter des employés pour nos boîtes, mais on cherche aussi à recruter des entrepreneurs pour notre écosystème. Et donc la Blockchain Business School, c'est aussi une fibre entrepreneuriale dans la formation pour pouvoir détecter, aider des entrepreneurs à lancer des boîtes au sein de notre écosystème. Donc à la conjonction de ces trois problèmes, on s’est dit on va faire notre école et ça va nous permettre de résoudre ces trois problèmes. On a créé différents programmes, des programmes de trois mois pour des gens plutôt professionnels, qui veulent rajouter une surcouche de compréhension à cet univers et à cette technologie.


On lance en septembre, octobre et novembre, c'est un Master en alternance, les rentrées sont un peu décalées, pour des étudiants un peu plus jeunes. On est en train d'internationaliser l'école, en traduisant les cours en espagnol et en anglais, pour pouvoir distribuer ce cadre pédagogique structuré à d'autres pays. Et l'adoption va aussi passer par de l'acculturation et c’est ce qui rendra, on va dire, la chose normale, une fois que tout le monde comprendra les bases.



Podcast Luxurytail X Pyratz Labs X BBS
Podcast Luxurytail X Pyratz Labs X BBS


Sabine Luxurytail

Moi, ce que je trouve intéressant dans la Blockchain Business School, c'est ce programme RNCP pour les étudiants, ce programme pour les entrepreneurs dont je vais faire partie. Et c'est hyper intéressant parce que je reviens d'un cours ce matin où les étudiants ne connaissent pas et ne connaissent rien, alors que c'est l’avenir, et je ne dis pas ça négativement.


Et c'est un peu comme le Luxe. Le Luxe, il y avait peu d'écoles qui proposaient des programmes avec des options Luxe, maintenant tout le monde en propose. Parce que le Luxe c’est le rayonnement de la France à l'International.

Et là, concernant le Web3, les nouvelles technologies, la France, on commence à se placer vraiment en top position et d'être, vous n’êtes pas nombreux sur le marché en termes d'écoles, mais je pense que d'ici 3-4 ans, les Écoles de Commerce vont ressentir cette manne qu’est la blockchain, qui sont les NFT, etc.

Et d'être avec des personnes qui connaissent leur métier, qui connaissent l'écosystème, qui ont réfléchi à faire des programmes de trois mois, des programmes courts et des programmes pour les étudiants, je pense que ça va permettre aux entreprises, aux grands corporates, de pouvoir eux-mêmes s'acculturer et de se dire “voilà maintenant on a un vivier de jeunes qui seront opérationnels immédiatement après les cours”.


Bilal PyratzLabs

Tu mentionnes aussi les corporates là-dedans. Dans les étudiants de la Blockchain Business School, il y a aussi des gens qui travaillent chez ces corporates. Il y avait des gens de chez Air Liquide, de chez Sanofi, de chez L'Oréal à la cohorte précédente.

Et c'est des gens qui viennent prendre un petit peu la compréhension de cet écosystème pour avoir ce skill dans leur direction de l'innovation et comprendre les enjeux stratégiques qu'ils vont pouvoir poser pour leur boîte, qui nous permet aussi de créer une sorte de réseau d’alumni avec ces corporates.

Et donc voilà, tout Pyratz, comment je le résumerai, c'est comment est-ce qu'on crée des externalités positives en créant un maximum de synergies pour que l'écosystème puisse se développer le plus vite possible.


Sabine Luxurytail

Oui, bien sûr. C'est une très belle introduction.


J'aimerais revenir sur Dogami, parce qu'on est dans un univers du gaming et dans le secteur du Luxe c'est quelque chose qui prend énormément d'ampleur. Je lisais dans un article la semaine dernière au niveau des Fashion Weeks que les Maisons de Luxe aujourd'hui recrutent en “front row”, le rang principal comme on dit, ça va être les K-pop, les groupes de K-pop. C'est la folie quand ils arrivent à Paris ou à Milan ou à New York. ce succès que la Korean Music a et les gamers.


Aujourd'hui les gamers ça fait vraiment partie de personnes qui sont invitées dans les défilés de mode. On a cette nouvelle tendance d'accueillir ces gamers, parce qu'il y a un poids tellement important dans le gaming. Et tu évoquais une de tes premières start-up avec Dogami.


Où est-ce qu'on en est aujourd'hui avec Dogami ? Moi j'ai vu qu'il y avait, dans mes lectures, qu'on pouvait habiller à un moment donné son chien avec des sweats Gap. Mais Dogami, je trouve que c'est vraiment… moi j'ai connu la période des Tamagotchi.


Mais du coup, Dogami c'est quoi ? Parce que je trouve que c'est tellement original, c'est tellement smart. Si tu peux nous en dire un petit peu plus dans cette success story ?


Bilal PyratzLabs

Alors, l'idée originale de Dogami elle était très naïve. Encore une fois, du point de vue de PyratzLabs, c'était comment est-ce qu'on peut créer des cas d'usages qui vont avoir une forte pénétration dans le marché. Les jeux vidéo, c'est quelque chose de très intéressant parce que il y a 3 milliards de gamers sur 6 milliards d'individus.

En fait tout le monde joue différemment. Il y en a qui aime le solitaire, il y en a qui aime les jeux comme Call of Duty, il y en a qui aime FIFA, les différents types de jeux, enfin une personne sur deux joue.

Ensuite, la grande question de toutes les marques d'aujourd'hui, qu'elles soient dans le Luxe ou pas, c'est la question de One Billion Dollar Question, c'est comment est-ce qu'on fait de l'acquisition et comment est-ce qu’on fait de la rétention.


Et en fait, les études ont montré que quand c’est gamifié, les gens se sentent beaucoup plus partie prenante, il y a beaucoup plus de “stickiness”. Ils adhèrent enfin, ils sont acquérit et ils reviennent, mais c'est ça qui est important, C'est la rétention, pardon. Donc l'objectif, c'est d'avoir le plus de rétention possible et avec de la gamification ça permet aux gens de les engager et en les engageant, il y a de la rétention.


Alors c'est facile à dire, c'est très difficile à mettre en place, parce qu’il s’agit pas de mettre en place des mécaniques. Il faut que la mécanique soit alignée avec l'histoire de la marque. Il faut que la mécanique et l'histoire de la marque fournissent des avantages assez intéressants pour que la personne revienne. Et dans tout ça, il faut l'équilibre et évidemment que la marque s’y retrouve. Donc en tout cas, il y avait un enjeu.


Et donc à la croisée de ces deux choses, on s'est dit : « ok, un jeu vidéo ça peut être pas Massmarket, Tamagotchi ça avait très très bien marché et en fait

on voulait refaire Tamagotchi avec du Web3

et qu'est-ce que ça a apporté ? On s'est dit dans Tamagotchi, on avait tous à peu près le même Tamagotchi. Comme la blockchain ça permet de créer de la rareté digitale, ça veut dire permettre à tout le monde de vérifier que ce qu’il a est bien unique.


Ça marché très bien dans la cas d’un Tamagotchi parce qu'on a veut tous, comme dans la vraie vie, on veut tous un chien qui est unique, on a tous un ADN, un visage, des traits uniques. On va faire en sorte que chaque chien est unique et qu'on peut le démontrer grâce à la blockchain. C'était vraiment l'idée naïve de Dogami comme un Tamagotchi.


Après, on a été et on a mis beaucoup de force aussi, on a été très très bon, on a fait les bons choix en termes de branding et de marketing, ce qui a fait qu'on a réussi à créer une énorme communauté et que le premier jeu a été joué dans plus de 120 pays.


Et puis à partir de là, l'ambition a un peu évolué. On s'est dit, OK, comment est-ce qu'on peut impliquer d'autres marques ? Parce qu'en fait, ce que les marques aussi ont beaucoup fait dans les dernières années comme tendance de marketing, c'est qu'elles font beaucoup de collab’. Et du coup, ça permet de créer une porosité entre les différentes communautés.

Et en fait, les « Dog lovers », la communauté des gens qui aiment les chiens sont extrêmement…, désolé pour l’anglicisme, sont “extrêmement sticky” dans le sens où les gens sont fanatiques de leurs chiens. Ils adorent leur chien.

Ceux qui ont des chiens ne peuvent pas partir en vacances plus d’une semaine sans leur chien. Donc, c'est un vecteur incroyable pour pousser d'autres contenus. Et du coup, à l'image d'un partenariat qu'on a fait avec GAP, on s'est dit qu'on va créer du contenu dans le jeu, mais avec une vraie marque, on a créé une suite de 12 items de mode digitaux qu’on peut utiliser dans le jeu en collaboration avec GAP. Et d'ailleurs c'était très marrant parce que GAP est en train de sortir une collection d'accessoires pour chiens. Et du coup c'était un peu un clin d'œil.


Et j'ai des photos de doudounes sans manche de chien Gap, c'est très drôle. Et donc voilà, c'était un moyen pour eux d’annoncer ça, de toucher une audience. Et en fait, ça fait totalement sens parce que ils vont vendre des accessoires pour chiens, il faut que tu ais un chien, et chez Dogami plus de 60% des joueurs ont au moins un chien.


Sabine Luxurytail

Vous devriez faire appel à Goyard, parce que Goyard, ils ont une boutique spécialisée pour les animaux.


Bilal PyratzLabs

Il y a plein de marques, qui sont Purina, qu’on a annoncé pour des « consumables », des choses qui se mangent dans le jeu. Et il y a d'autres marques qui sont en lice pour créer de la diversité de contenus et que les gens aussi reviennent. Puisque nous aussi on a un enjeu de rétention, il faut qu’il y ait de la diversité à chaque fois, des nouvelles races de chien, des nouveaux modes de jeux, pour que les gens ne s'ennuient pas et qu'il y en est un petit peu pour tout le monde.


On va être très clair dans Dogami. Je suis moins opérationnel depuis l'été dernier ou depuis la dernière levée de fond de Dogami parce que, encore une fois, moi mon rôle, du point de vu de (17,28) PyratzLabs, c'est d'être un catalyste pour que les projets se lancent. Et donc, quand la boîte a atteint plus de 30 employés et que c'est devenu plus un jeu vidéo, là où moi, j'ai apporté vraiment la brique blockchain. J'ai step-down pour qu'il y ait un nouveau CTO qui prenne le lead et c'est les équipes en interne, Maxime, Diane, Chris, qui sont les garants du branding de Dogami et des partenariats qui sont en train d’être faits.


Sabine Luxurytail

Superbe, belle success story. Moi, j'aimerais bien qu'on évoque aussi Lezar House. Je ne sais pas si je le prononce bien, Lezar House. Une fusion innovante entre l'Art et les NFTN. Et en fait, nous on était à l'hôtel MT Galerie Molitor, où on avait un projet The Legacy. Donc, on est vraiment dans cette fusion entre l'art et les NFT.


Moi ma première question, c'est pourquoi est-ce que c'est basé à Barcelone ? Et ensuite, est-ce que tu peux nous expliquer un peu la genèse de ce projet ?


Bilal PyratzLabs

Oui, bien sûr. Alors, encore une fois comme je disais au début, PyratzLabs, son ambition c'est de mettre en place des outils pour que l'écosystème puisse se développer.


Donc... À l'image d'un jeu vidéo où on a voulu créer quelque chose de grand public, à l'image de la Blockchain Business School où on a voulu mettre en place des programmes un peu standardisés pour éduquer, pour apporter de la pédagogie à l'écosystème, on s’est dit, quel autre cas d'usage pourrait connecter le monde réel et le monde digital ou le monde de la blockchain dans un cadre qui fait sens.

Encore une fois, on revient au use case original de la blockchain, qui est la traçabilité.

Et dans l'art, il y a des gros enjeux de traçabilité. Et du coup, on s'est dit, faisons une galerie d’art où il y a des objets physiques qui sont adossés à des certificats digitaux sous forme de NFT sur la blockchain pour authentifier ces œuvres d'art. Et on n'aurait pu attendre que d'autres gens le fassent, mais en on avait l'opportunité de caractériser ce use case. Et du coup, on l'a fait avec Lézar House, avec la NFT Factory à Paris. Et donc, c'était un moyen de montrer un autre use case, qui soit “no Brainer”, ou qui fasse du sens. Et du coup, ce qu'on a décidé de faire, parce qu'en fait ce qu'on avait remarqué aussi, c'est que les gens essayaient toujours de donner le NFT après avoir vendu l'œuvre d'art physique.




Or, on s'est dit qu'une fois que la personne a l'œuvre d'art physique, elle a moins envie de comprendre ce que c'est que le NFT. Comment est-ce qu'on fait rentrer ce certificat dans la chaîne de valeur pour que les gens puissent vraiment s'approprier cette innovation technologique ?

Et du coup, on s'est dit qu'on va mettre en place une marketplace en ligne où les gens vont devoir d'abord acheter le certificat pour pouvoir, comme un bon de commande ou un bon de retrait, pouvoir récupérer l'œuvre d'art physique, ce qui crée dans le processus, quelque chose de naturel, de dire ok, j'ai ce truc, j'ai mon bon de commande, c'est aussi mon certificat, je peux récupérer l'œuvre.


Ensuite, on a voulu aller un peu plus loin dans le use case, et on s'est dit, bah en fait, comme c'est de la propriété digitale unique, ce qu'on va faire, c'est que on va séparer l'œuvre d'art physique avec la propriété intellectuelle de l'œuvre d'art.


Et on s'est dit, en fait, quand tu achètes le NFT, tu achètes la propriété intellectuelle de l'œuvre d'art et une copie physique. Mais en fait, comme tu as la propriété de l'œuvre d'art, tu peux demander à refaire printer cette œuvre d'art autant de fois que tu veux tant que tu possèdes la propriété.


Et donc ça, ça nous a permis, les 'NFTs, la blockchain dans l'art, nous ont permis de scinder la propriété physique et la propriété intellectuelle de l'œuvre d'art. Si tu as un collectionneur traditionnel, ça ne change rien parce que t'as toujours les deux. Mais si tu veux aller plus loin, tu peux monétiser en re-éditant cette œuvre d'art et en la revendant. Et la personne n'aura que l'œuvre d'art physique, mais pas la propriété intellectuelle de l’œuvre.


Donc voilà, du coup on est allé à Barcelone parce qu'on avait déjà participé à la NFT Factory à Paris. On voulait d'une certaine manière s’internationaliser. Il y a plutôt un bon écosystème aussi à Barcelone et c'est la porte d'entrée à l'Amérique Latine. Oui. Donc voilà, c'était assez stratégique de faire ça à Barcelone. Et Jacques, notre associé dans Lezar House, a voulu aussi s'installer à l'étranger. Donc voilà, au croisement des envies de tout le monde, ça a donné Lezar House à Barcelone.


Sabine Luxurytail

Ok, une autre question. En tant qu'entrepreneur clé dans l'écosystème français, comment est-ce que tu vois l'évolution du Web3 et son impact potentiel sur l'industrie du Luxe ? On a évoqué en introduction ensemble le vin, comment tu vois son impact sur les secteurs de l'industrie du Luxe ?


Bilal PyratzLabs

Dans l'industrie du Luxe le problème récurrent, c'est qu'il y a beaucoup de faux qui sont en circulation. Que ce soit pour des sacs, que ce soit pour des habillements, ou que ce soit pour des bouteilles de vin ... En horlogerie également. En horlogerie, exactement.


Et en fait, autant pour un pays développé on peut se dire, oui en fait chez nous tu vas à la boutique Rolex tu t'achètes une petite montre, tu vas à la boutique LVMH, tu achètes des sacs. Mais autant dans des pays moins développés [j'étais en Turquie pour mon anniversaire ce week end] Il y a du faux partout. Il n'y a qu'à l'aéroport qu'il y a des boutiques. Et ils sont tous en Gucci, en Guess etc. Et donc en fait, d'un point de vue Occidental, peut-être qu'on peut se dire l'enjeu de traçabilité n'est pas important, mais en fait, l'Occident, c'est qu'une partie de l'économie mondiale et il y a encore plein de pays où il y a 1% de taux pénétration pour ces marques-là. Et en fait, sans avoir, et c'est tellement chaotique, on ne va pas se mentir, que sans avoir de preuves d'authenticité, ça va être très difficile pour eux de pénétrer ces marchés là.

Et en fait, moi je suis convaincu que dans moins de deux ans, il va y avoir une loi qui va rentrer en vigueur, qui va dire que chaque produit physique doit avoir un passeport digital avec tout l’historique de comment il a été produit, d'où viennent tous les matières premières et authentifier les objets physiques.

Ensuite, ça peut ouvrir les portes à plein de nouveaux business models. Aujourd'hui, c'est un peu comme dans l'art. L'œuvre, quand elle est vendue une fois, l'artiste ne peut capturer de la valeur qu'une seule fois. Pourtant, l'œuvre d'art est continuellement revendue, les sacs peuvent être continuellement revendus, et ça peut être aussi un moyen d'implémenter des droits de suite automatiques pour que Hermès ou Louis Vuitton puissent capter, continuer de capter de la valeur. Je pense que d'un point de vue réglementaire c'est important, d’un point de vue marché c’est important pour des pays qui sont en voie de développement. Et voilà, pour l'authenticité, c'est aussi important.


Sabine Luxurytail

Est-ce que tu crois au “pouvoir encore des NFT ” que les Maisons de Luxe créent encore aujourd'hui ?

Bilal PyratzLabs

Je pense qu'il y a plusieurs use case.


  1. Pour moi, le uses case le plus pertinent, c'est vraiment celui qui est lié à la traçabilité et aux passeports digitaux. Pour moi c'est un “no-brainer”, ça va arriver, ça ne peut que arriver et ça va permettre de mieux tracer toute la chaîne de valeur de l’objet fini.

  2. Le deuxième use case qui est plus lié à “comment créer de l'engagement, comment créer des nouveaux systèmes de loyauté ». Là pour moi il faut être beaucoup plus fort, dans le sens où pour avoir parlé avec différents départements de loyalties pour des retailers ou des marques de Luxe, les mecs ça fait 20 ans qu'ils font ça, ils ont retourné le problème dans tous les sens, ils ont des techniques. Donc ce n'est pas toutes les marques, pour moi qui vont pouvoir faire de la loyauté sous forme de Web3. C'est les marques qui vont vouloir être plus « digitales native », c'est les marques qui vont vouloir faire plus de collaboration parce que la blockchain apporte de l’interopérabilité donc si tu ne fais pas de collaborations, ça sert à rien d'utiliser un système de loyauté sur la blockchain. Et c'est les marques qui vont avoir cet ADN digital et qui vont vouloir créer un maximum de collaborations, où ça fait sens d'utiliser des NFT.

Et voilà, moi j'adore la manière dont Tifanny par exemple a fait sa collab avec Cryptopunks, parce que ça s’inscrit vraiment dans la culture Web3, et c'est pas une activation faite à la vite.

Sabine Luxurytail

Non, de toute façon Tiffany ils ont que feuilles de routes bien réfléchies, c’est LVMH, et voilà quoi. On a recruté cette clientèle crypto, cette clientèle du Luxe, et puis pour créer cette communauté, créer de l'engagement, et tout ce qui va avec après.

Bilal PyratzLabs

Ils ont su adresser le bon message à la bonne cible. Oui, à la bonne cible, aux bonnes cibles, j’ai envie veux dire, car il n’y en pas qu'une seule. Mais exactement, exactement.


Sabine Luxurytail

Bilal, ce que tu as un mot de la fin s'il te plaît ?


Bilal PyratzLabs

Le mot de la fin c'est d'être positif. D'être positif dans le sens où il n'y a aucune révolution technologique qui se fait du jour au lendemain. Il faut beaucoup de patience, il faut beaucoup de passion. Et je souhaite à tout le monde de pouvoir trouver sa passion et entreprendre.


Nous, on y croit évidemment, dur comme fer. On pense qu’il y a encore énormément de choses à apporter, il y a toujours des nouvelles briques technologiques qui simplifient tout un tas de choses, et qui en fait redistribuent totalement les cartes. Donc on est convaincu qu’il y a encore des nouvelles opportunités qui vont se créer. Je me souviens, des fois je raconte cette histoire, mais je me souviens en 1998 quand mes parents hésitaient à acheter ou non un téléphone mobile. Aujourd'hui ça semble tellement un no brainer

En plus aujourd'hui on peut regarder Netflix dans le métro sur son téléphone mobile. On aurait jamais imaginé ça il y a 20 ans.


Et en fait, les 20 ans sont passés très vite. On se souvient tous des années 2000. Ça fait déjà 20 ans. Donc en fait, les 20 prochaines années vont passer tout aussi vite, et ce delta entre ce qu'on pensait en 2000 et ce qui est arrivé avec l'iPhone en 2010, je suis sûr que ça va être encore 3 à 4 fois plus gros parce que les ruptures technologiques sont encore plus importantes lorsque l’on voit ce que peut faire ChatGPT, c’est incroyable.


Moi même qui vient de la data et qui était mathématicien, j’avais pas anticipé un développement de l'intelligence artificielle aussi important aussi vite. Du coup je me dis, en fait, dans deux ans ça sera comment ? On aura tous une IA personnelle qui sera notre « Chief of staff », c’est sur et certain.


Sabine Luxurytail

Non mais c'est vrai qu'on se laisse envahir par toutes ces nouveautés, on ne sait plus comment se former, par quoi commencer, ça va très vite. Ce qu'on disait la semaine dernière, c'est qu'on a l'impression d'être en retard, mais on est quand même en avance, tout en étant en retard, on veut rattraper des choses, on veut apprendre ces nouvelles solutions, ces nouvelles applications, mais on sait que dans six mois il y en aura une nouvelle quoi.


Bilal PyratzLabs

Et un dernier mot de la fin, toujours avoir de l'humilité parce que les cycles économiques sont très volatiles.

Il n'y a pas que dans le Web3, c'est toute l'économie qui est devenue très volatile. Et en fait, il faut vraiment avoir beaucoup d'humilité et croire dans ce qu'on fait et aller chercher vraiment la proposition de valeur de manière très lucide sans se mentir à soi-même pour pouvoir créer quelque chose qui a de la valeur le plus vite possible.


Sabine Luxurytail

Merci, Bilal


Bilal PyratzLabs

De rien Sabine, c'est très cool.


PODCAST réalisé chez PyratzLabs avec Bilal El Alamy le Mercredi 4 octobre 2023


Comments


bottom of page