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Luxe & Retail Formation sur-mesure |Coaching 

đŸŽ™ïžPodcast : l'influence virtuelle avec Murielle Ballayer

DerniĂšre mise Ă  jour : 20 nov.


Cliquez ici pour lire le podcast



"La durée de vie d'un influenceur humain est de 6 à 8 ans,
"Un influenceur virtuel est faux mais ca au moins c'est vrai"
☀ C'est l'Ă©tĂ© avec Luxurytail !
Bienvenue dans le podcast "L'été avec Luxurytail : Le Pouvoir du Web3".
Je suis Sabine et je suis ravie de partager avec toi ma nouvelle passion pour le Web3.
đŸŽ™ïžDans ce 4Ăšme Ă©pisode, on te parle d'influenceurs : pas les marseillais ni la villa des coeurs brisĂ©s, mais ceux qui ont une vie Ă©ternelle : les influenceurs virtuels.
💡Muriel Ballayer, Fondatrice de l'agence KOL ME Iconic, la Fabrique des supers-hĂ©ros numĂ©riques est notre invitĂ©e.
🚀Nous Ă©voquons l'origine des influenceurs virtuels : De Hatsune Miku Ă  Lu do Magalu, en passant par Lil Miquela et Noonoouri.
âšĄïžNous dĂ©cryptons les apparences des influenceurs virtuels : les manga cartoons, les influenceurs anthropomorphes (formes animales), les hypers rĂ©alistes et les mĂ©ta humains (personnages virtuels avec des caractĂ©ristiques humaines)
đŸ€–Nous dĂ©voilons comment les influenceurs virtuels peuvent servir des causes telles que la biodiversitĂ© (NFBEEs), le syndrome de Down (Kami, l'OrĂ©al et la beautĂ© pour tous) ou incarner le visage de l'innovation digitale Ă  travers un personnage virtuel comme LIVI pour LVMH.
 


Sabine Luxurytail :

Bonjour, Muriel. Bienvenue à toi. Est-ce que tu peux te présenter ?

Murielle Ballayer :

Alors, écoute, j'ai un peu de parcours en agence de communication, notamment dans le développement commercial, la chasse commerciale et le marketing de l'offre. Et puis récemment, je m'intéresse, on va dire depuis six ans au monde de l'influence virtuelle en prenant en compte des signaux faibles de la société, l'importance du storytelling des marques, la montée en puissance des influenceurs virtuels, l'importance de générer une communication impact. Et tout ça m'a conduit à créer Kol me Iconic, la fabrique des super- héros numériques.


Sabine Luxurytail :

J'adore la fabrique des super- hĂ©ros numĂ©riques. Depuis six ans, on peut dire que tu es quand mĂȘme une experte des influenceurs virtuels. Finalement, pour dĂ©buter ce podcast, est-ce que tu peux nous donner ta dĂ©finition des influenceurs virtuels ? Parce que tout le monde en parle, mais c'est quoi exactement ?

Murielle Ballayer :

Les influenceurs virtuels, ce sont des personnages de fiction qui Ă©voluent sur une plateforme sociale digitale, qui vont fĂ©dĂ©rer des communautĂ©s autour de centres d'intĂ©rĂȘts communs. Exactement la mĂȘme chose qu'un influenceur humain. La seule chose, c'est comme il s'agit d'un personnage de fiction, ils sont plus contrĂŽlables, plus crĂ©atifs, plus flexibles. Ils n'ont aucune limite dans leur Ă©volution. C'est pour ça qu'ils sont des mĂ©dias durables et qui permettent un storytelling long et dĂ©velopper surtout une image mĂ©morable des marques, des organisations ou des produits.

Noonoouri et Chiara Ferragni en Schiaparelli
Noonoouri et Chiara Ferragni en Schiaparelli

Sabine Luxurytail :

D'accord. Finalement, ça existe depuis quand ? Si tu devais un petit peu nous donner les origines des influenceurs virtuels, on partirait de la France ou partirait de quel pays ?

Murielle Ballayer :

Il y a trois grands foyers autour de l'influence virtuelle.

Le premier, c'est le Japon, la Corée, avec notamment Hatsune Miku en 2007. Donc, ça date déjà d'un certain temps.

Podcast Luxurytail : Hatsune Miku - influenceur virtuel
Podcast Luxurytail : Hatsune Miku - influenceur virtuel

Ensuite, le deuxiÚme foyer, c'est l'Amérique du Sud avec un personnage qui s'appelle Lu do Magalu, qui a été créé il y a déjà aussi une bonne quinzaine d'années.


Podcast Luxurytail : Lu Do Magaly -  influenceur virtuel
Podcast Luxurytail : Lu Do Magaly - influenceur virtuel

Et puis, on a les États-Unis avec Lil Miquela en 2016 et bien aprùs, vient l'Europe avec Noonoouri en 2018.

Podcast Luxurytail : Lil Miquela  -  influenceur virtuel
Podcast Luxurytail : Lil Miquela - influenceur virtuel

Et de façon plus récente, la Chine. On pense souvent effectivement que la Chine, est le terreau de l'influence virtuelle. Les premiers influenceurs virtuels sont arrivés en Chine en 2021, mais avec la crise du Covid, le méta-humain en Chine fait aujourd'hui 300 000 entreprises.

Sabine Luxurytail :

Le méta-humain, c'est quoi ?

Murielle Ballayer :


Le mĂ©ta-humain, c'est un influenceur virtuel qui prend des caractĂ©ristiques humaines et qui est animĂ© gĂ©nĂ©ralement en live. Tu as de plus en plus de mal Ă  distinguer l'ĂȘtre humain de l'influenceur virtuel. C'est la percĂ©e des nouvelles technologies et les progrĂšs, notamment sur les outils de motion capture facial et corps.

Sabine Luxurytail :

Déjà, Murielle, un grand merci pour cette introduction trÚs claire. Pour toi, quels seraient les deux ou trois influenceurs virtuels qui seraient vraiment les références ?

Murielle Ballayer :


Moi, j'aime beaucoup aller creuser le sujet en partant de l'origine. L'origine, on a dit tout à l'heure que c'était le Japon et au Japon, il y a un influenceur virtuel qui dépasse tous les autres, c'est Hatsune Miku.
Hatsune Miku, c'est un personnage de type manga qui est dĂ©crit comme Ă©tant ĂągĂ© de 16 ans, qui mesure 1m58, qui pĂšse 42 kilos. Ça, c'est pour la petite histoire. Mais ce qui est incroyable dans l'histoire d'Hatsune Miku, c'est qu'elle rĂ©unit tous les ingrĂ©dients qui font un bon influenceur virtuel. Elle a Ă©tĂ© lancĂ©e par Yamaha et Kripton Media pour incarner un produit, donc une bibliothĂšque de son, une bibliothĂšque de synthĂšse vocale. Au lieu de vendre cette bibliothĂšque de synthĂšse vocale de façon trĂšs technique, ils ont dĂ©cidĂ© de l'incarner Ă  travers un personnage qui est devenu trĂšs attachant pour les Japonais notamment, et tellement attachant qu'on a imaginĂ© autour un storytelling et qu'elle est devenue une chanteuse de la pop culture extrĂȘmement cĂ©lĂšbre

Podcast Luxurytail : HatsuneMiku -  influenceur virtuel
Podcast Luxurytail : HatsuneMiku - influenceur virtuel

Elle a des milliards de vues sur YouTube. Je ne parle pas en millions, je parle vraiment en milliards et des millions de fans. Elle a fait des scĂšnes musicales en hologramme. Ce qui est assez fantastique sur le projet, c'est que si elle a rĂ©ussi vĂ©ritablement Ă  engager les audiences, c'est qu'autour du personnage, il y a eu un jeu qui s'appelait le Project Diva, c'est-Ă -dire que n'importe qui pouvait lui Ă©crire un texte. L'idĂ©e, c'Ă©tait que ce texte, cette chanson pouvait ĂȘtre chantĂ©e par Hatsune Miku, notamment en fait, en concert sur une scĂšne musicale. Il y a eu effectivement cet engagement extrĂȘmement important. VĂ©ritablement, on est sur des ingrĂ©dients. Beaucoup d'influenceurs virtuels ont ensuite imitĂ©, notamment, le modĂšle de Lee Miquela on va y revenir, alors que vĂ©ritablement,
Le modÚle de l'influence virtuelle réussie, c'est celui d'Hatsune Miku.

Podcast Luxurytail : HatsuneMiku -  influenceur virtuel
Podcast Luxurytail : HatsuneMiku - influenceur virtuel

Je fais une petite parenthĂšse sur Lee Miquela, qu'on connaĂźt bien en Occident. C'est trois millions de followers sur Instagram, trois millions de followers sur TikTok. LĂ , c'est ce qu'on appelle un personnage virtuel hyper rĂ©aliste. Le corps du personnage est un mannequin. Quand on regarde le feed de Lil Miquela, on voit quelquefois que les mensurations bougent un petit peu, parce que les mannequins changent. Par contre, c'est sa tĂȘte qui est prise en 3D. Lee Miquela c'est une jeune fille qui va raconter sa vie et ses dĂ©boires au mĂȘme niveau qu'un influenceur humain classique.
Podcast Luxurytail : Lil Miquela -  influenceur virtuel
Podcast Luxurytail : Lil Miquela - influenceur virtuel

Sabine Luxurytail :


Ce qui est intĂ©ressant dans les influenceurs virtuels, c'est qu'ils ne vieillissent jamais, ils ne vont pas grossir, ils vont toujours avoir la mĂȘme tĂȘte Ă  quelques Ă©volutions prĂšs. Et les followers qui vont les suivre, ils vont toujours voir la mĂȘme personne.

Murielle Ballayer :


Exactement. C'est pour ça qu' il y a une identitĂ© extrĂȘmement mĂ©morable et durable. Quand on parle d'un influenceur humain, ça dure une vie aujourd'hui, c'est six ans, huit ans, parce que les rĂ©seaux sociaux, c'est extrĂȘmement chronophage et c'est Ă©puisant. Quand on travaille avec un influenceur virtuel, il peut ĂȘtre animĂ© par l'Ă©quipe A aujourd'hui et demain, ça peut ĂȘtre une Ă©quipe B, une Ă©quipe C. Donc, son storytelling est constamment renouvelĂ©. Par contre, le personnage devient iconique parce qu'il ne bouge pas du tout.


Sabine Luxurytail :

C'est intéressant, mais du coup, tous les influenceurs virtuels se ressemblent ou pas ?

Murielle Ballayer :


Beaucoup d'influenceurs virtuels, donc beaucoup d'apparences différentes. Je vais les classer en quelques familles.

  1. On a la famille des mangas

  2. On a la famille, je dirais plutĂŽt du cartoon,

  3. La famille ensuite de ce qu'on appelle l'anthropomorphe, c'est- à- dire généralement des animaux ou des formes animales avec deux bras, deux jambes.

  4. Ensuite, on a l'hyperréaliste de type Lee Miquela.

  5. Et puis, beaucoup plus loin, comme on l'a dit tout Ă  l'heure, une meta-human oĂč lĂ , vĂ©ritablement, on est sur des personnages virtuels, mais je dirais toutes les caractĂ©ristiques et la fluiditĂ© d'un humain.


Sabine Luxurytail :

Est-ce qu'il y a un influenceur virtuel qui marche plus qu'un autre ou finalement, avec toutes ces diffĂ©rences, ils ont le mĂȘme succĂšs d'audience ?

Murielle Ballayer :


L'audience ne dépend pas de l'apparence. L'audience va avant tout dépendre du storytelling et de l'usage de l'influenceur virtuel. Là, on pourra parler tout à l'heure des personnages virtuels qui ont réussi, mais ça n'a rien à voir avec l'apparence du personnage.

Sabine Luxurytail :


L'apparence, ce n'est pas ça qui va compter, c'est vraiment l'histoire, le storytelling, tout ce qu'il va y avoir autour.

Murielle Ballayer :


Exactement. Parce que tu peux avoir des influenceurs virtuels qui sont un type manga et qui fonctionnent et des influenceurs virtuels qui sont un type cartoon ou anthropomorphes, qui fonctionnent également. Arvi le Renard, en France, est un YouTubeur qui ne dévoile pas son identité, qui ne s'expose pas personnellement et qui a des millions de followers et des millions de vues, notamment sur TikTok.

Sabine Luxurytail :


Justement, tu parles de Arvi le Renard pour faire le lien avec la France. On en est oĂč en France ? Est-ce que c'est un phĂ©nomĂšne qui est connu ? C'est encore nouveau ? Est-ce que on est au mĂȘme niveau ? Parce que bon, on connaĂźt les Marseillais, mais lĂ , on n'en est pas au mĂȘme niveau. On en est oĂč au niveau des influenceurs virtuels en France ?

Murielle Ballayer :


Moi, je me suis intĂ©ressĂ©e, comme je le disais tout Ă  l'heure, Ă  l'influence virtuelle en 2018. En 2018, Ă  l'Ă©poque, nous avons lancĂ© avec la Paris School of Luxury, qui est managĂ©e par Éric Briones et OneSparing, l'agence de communication dans laquelle j'Ă©tais, la premiĂšre influenceuse virtuelle française qui s'appelait Gaia. L'idĂ©e vĂ©ritablement de Gaia, c'Ă©tait d'ĂȘtre une sorte de donneur d'alerte et de dire aux marques, aux organisations, «Attention, il existe des nouveaux vecteurs mĂ©dia pour vos prises de parole. » Gaia a durĂ© le temps d'une annĂ©e scolaire, c'Ă©tait un projet menĂ© avec les Ă©tudiants de la Paris School of Luxury. La premiĂšre annĂ©e de la Paris School of Luxury, elle a Ă©tĂ© la 101 Ă©tudiante de l'Ă©cole, donc elle faisait vraiment partie de la team de l'Ă©quipe. Moi, au prisme de l'influence virtuelle, ce qui m'intĂ©resse vĂ©ritablement, c'est l'influence virtuelle Ă  impact positif et des marques engagĂ©es.

Podcast Luxurytail : Gaia - Paris School of Luxury
Podcast Luxurytail : Gaia - Paris School of Luxury

Mais je vais citer ceux qui me touchent particuliĂšrement.
● La premiĂšre, c'est @bee_nfluencer. @bee_nfluencer, elle a Ă©tĂ© lancĂ©e par la Fondation de France pour la prĂ©servation des abeilles. Elle avait Ă©tĂ© lancĂ©e sur Instagram. Son compte aujourd'hui n'existe plus. Son compte est fermĂ© puisqu'elle a mutĂ© dans le mĂ©tavers, on va dire dans un jeu de gaming, pour parler lĂ  aussi de valeurs positives. Mais au dĂ©part, @bee_nfluencer, c'est une abeille. Donc lĂ , on est dans l'incarnation animale qui, Ă  travers des postes diffĂ©rents, va raconter une histoire, mais va aussi donner de bonnes idĂ©es, de bonnes astuces, de bonnes prĂ©cautions et sensibiliser Ă  la prĂ©servation et faire Ă©galement la collecte de dons. Ma mĂ©moire est bonne. Je crois effectivement que durant son laps de temps, elle a collectĂ© 150 000 €, mais elle avait des followers comme Marion Cotillard. Ça, c'est pour @bee_nfluencer.
● Une autre influenceuse virtuelle que j'apprĂ©cie, c'est Kami. Kami a Ă©tĂ© lancĂ©e par la Fondation Down Syndrom, c'est la fondation en Angleterre sur la trisomie 21. Elle a Ă©tĂ©, elle aussi, crĂ©Ă©e Ă  travers des bĂ©nĂ©voles atteints de trisomie 21, des visages effectivement de centaines de personnes. Elle prend une incarnation digitale pour parler de la trisomie 21. L'orĂ©al a utilisĂ© Kami rĂ©cemment, c'Ă©tait au mois de juin, parce qu'ils sont mĂ©cĂšnes du Palais augmentĂ©.

Sabine Luxurytail :

C'est super intéressant. On a Kami, qui est cette influenceuse virtuelle qui représente finalement la communauté des personnes atteintes de la trisomie 21. L'oréal est mécÚne de Kami ?

Murielle Ballayer :


L'orĂ©al est mĂ©cĂšne d'une exposition qui s'appelle le Palais augmentĂ©. C'est le festival dĂ©diĂ© Ă  la crĂ©ation artistique qui a lieu au Grand Palais au mois de juin. Et durant effectivement ce festival, beaucoup d'Ɠuvres artistiques ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es et Kami notamment a fait une apparition pour montrer son dressing, pour montrer ses coiffures. L'orĂ©al, dans leur positionnement de la beautĂ© pour tous, a utilisĂ© cette image de Kami, ce personnage virtuel, pour parler d'inclusivitĂ©.

Sabine Luxurytail :

Donc lĂ , c'est vraiment une action trĂšs forte que L'OrĂ©al a faite au niveau de l'inclusivitĂ©, une action positive, je dirais, en utilisant une influenceuse virtuelle qui a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e par des personnes qui elles-mĂȘmes sont atteintes de trisomie 21.

Podcast Luxurytail : Kami L'Oréal Down Syndrome
Podcast Luxurytail : Kami L'Oréal Down Syndrome

Murielle Ballayer :


Exactement, en tout cas avec le concours. Et ce qui est vĂ©ritablement intĂ©ressant, c'est que je pense qu'on n'expose pas du tout l'humain qui peut, je dirais, avec les difficultĂ©s qu'on peut avoir aujourd'hui Ă  se prĂ©senter et se dĂ©marquer. En ayant une influenceuse virtuelle qui va plutĂŽt incarner vĂ©ritablement l'institution du Down syndrome, je trouve effectivement que c'est une dĂ©marche extrĂȘmement intĂ©ressante.

Oui, dans un autre genre, mais qui a aussi un impact. On a LIVI qui a Ă©tĂ© lancĂ©e par le groupe LVMH il y a maintenant deux ans. A VivaTech, pas de cette annĂ©e, elle est rĂ©apparue cette annĂ©e, mais elle avait Ă©tĂ© lancĂ©e Ă  VivaTech en .2022, exactement. Et lĂ  aussi, c'est comment j'incarne une prise de parole sur le digital. PlutĂŽt, effectivement, d'incarner cette prise de parole par la direction digitale ou par la direction d'innovation qui une durĂ©e et une vie courte dans une entreprise. LĂ , on va incarner le visage de l'innovation du groupe Ă  travers un personnage virtuel qui est mĂ©morable, qui est au dĂ©part dans une site B2B, mais demain peut ĂȘtre vĂ©ritablement dans une site B2C et qui va Ă  la fois parler Ă  l'interne, qui devient un support ou une icĂŽne rĂ©fĂ©rente sur ce visage de l'innovation, en interne et en externe.

Podcast Luxurytail : LIVI _ LVMH
Podcast Luxurytail : LIVI _ LVMH


Sabine Luxurytail :


C'est le porte- parole du groupe LVMH, version Influenceuse virtuelle.

Murielle Ballayer :

Exactement, sur leur programme d'incubation de start- up. Mais ce sont autant d'usages diffĂ©rents qui montrent que l'influence virtuelle peut vĂ©ritablement ĂȘtre utilisĂ©e dans la communication de valeur ou pour incarner des programmes, des sujets qui seraient difficilement incarnĂ©s par un seul ĂȘtre humain.

Sabine Luxurytail :

Super, merci Muriel. C'est hyper intéressant et hyper instructif. Dans un autre registre, finalement, j'aimerais bien avoir ton avis sur : En quoi est-ce plus intéressant, finalement, de suivre un influenceur virtuel versus un influenceur humain ? Pourquoi est-ce que les influenceurs virtuels, finalement, ont-ils autant de succÚs ?

Murielle Ballayer :


Moi, je n'oppose jamais l'influence virtuelle et l'influence humaine. Pour moi, l'influence humaine est extrĂȘmement bonne dans ce que j'avais appelĂ© la communication commerciale. Quand on utilise des influenceurs virtuels pour tester des marques de beautĂ©, pour tester des vĂȘtements, je trouve ça un peu malheureux. Je trouve que c'est est un peu trop fake. Alors que quand on utilise l'influence virtuelle sur la communication de valeur, c'est-Ă -dire par exemple sur le discours corporate, sur la marque employeur, sur la RSE, on utilise vĂ©ritablement le potentiel de ces personnages pour incarner des messages. Donc, tu vois, je ne les oppose pas du tout. Pourquoi un influenceur virtuel va fonctionner ? Il va fonctionner parce qu'il rĂ©pond Ă  des demandes complexes des consommateurs. Le premier, c'est qu' une marque aujourd'hui, pour attirer des audiences, elle a besoin d'avoir un discours prĂ©cis et un rĂ©cit de marque percutant. Une influence virtuelle peut le faire. Une marque aussi a besoin de valoriser son produit. Quand je parle effectivement de la valorisation d'un produit, tout le monde peut acheter un rouge Ă  lĂšvres entre un rouge Ă  lĂšvres de Dior ou un rouge Ă  lĂšvres de Chanel, on est tous d'accord, ce sont des produits de qualitĂ©. Par contre, ce qui va diffĂ©rencier le choix, c'est vĂ©ritablement l'image, soit mission, gĂ©nĂ©ralement sociale, sociĂ©tale ou environnementale de la marque. En tout cas, quelles sont les valeurs dans le produit que j'achĂšte ? Je veux dire Ă  quelle valeur je veux ĂȘtre associĂ©e ? Et lĂ , l'influence virtuelle peut vĂ©ritablement rĂ©pondre aussi Ă  cet enjeu.


Sabine Luxurytail :

Mais est-ce que les marques de Luxe, on a cité LIVI pour le groupe LVMH. Mais est-ce que tu as des exemples de marques de luxe qui utilisent des influenceurs virtuels ?

Murielle Ballayer :

Beaucoup. L'influence virtuelle, on l'a dit tout Ă  l'heure, est extrĂȘmement dĂ©veloppĂ©e en Asie, notamment au Japon et en CorĂ©e. Il y a effectivement un personnage virtuel qui s'appelle IMMA. Imma a Ă©tĂ© utilisĂ© par des dizaines et des dizaines de marques, que ça soit effectivement dans le luxe, que ça soit sur la beautĂ©, sur la joaillerie, sur l'horlogerie, sur le textile. MĂȘme les plateformes sociales et digitales et e-commerce utilisent des influenceurs virtuels. Le groupe Alibaba utilise des influenceurs virtuels pour des gros Ă©vĂ©nements de plus en plus rĂ©pandus.


Sabine Luxurytail :

Je crois que j'ai vu sur Alibaba, on utilisait des influenceurs virtuels en live shopping.


Podcast Luxurytail Alibaba
Podcast Luxurytail Alibaba

Murielle Ballayer :

Exactement, tout Ă  fait.

Sabine Luxurytail :


Au lieu d'utiliser une personne rĂ©elle, on va avoir ce live shopping. Je redonne la dĂ©finition, la mission du live shopping, c'est quand vous ĂȘtes sur Internet et que vous pouvez en direct acheter des produits. C'est un peu le tĂ©lĂ©-achat français, mais sauf qu'on est sur Internet. Et lĂ , au lieu d'avoir une vraie personne qui va animer ce live shopping, ce shopping vivant, on va avoir un influenceur virtuel qui va nous donner les bĂ©nĂ©fices, les caractĂ©ristiques de tous les produits qu'ils vont nous proposer. Est-ce que c'est bien ça ?

Murielle Ballayer :

Exactement. Et le discours, il est contrÎlé, maßtrisé et encore une fois, l'image est mémorable. Mais aprÚs, on parlait effectivement de sûrement des plateformes, mais L'Oréal a lancé aussi en Asie "Mr. Ou", qui, je dirais, incarne aussi certaines valeurs du groupe et qui aussi travaillé sur la présentation des caractéristiques du produit, des tutos et des avantages ou des bénéfices en utilisant tel ou tel produit.

Sabine Luxurytail :

Donc, avec "Mr. Ou" la cible, c'est la population Chinoise de L'Oréal ?

Podcast Luxurytail : Mr. Ou Virtual Idol en Chine pour L'Oréal
Podcast Luxurytail : Mr. Ou Virtual Idol en Chine pour L'Oréal

Murielle Ballayer :

Exactement.

Sabine Luxurytail :


Pourquoi on n'a pas ça ? Pourquoi on n'a pas Monsieur Durand en France ?

Murielle Ballayer :

Oui, j'adorerais. J'adorerais que des marques françaises travaillent davantage sur l'incarnation de leurs produits ou de leurs programmes ou de leurs marques à travers un influenceur virtuel. Ça commence.

Sabine Luxurytail :

Finalement, quel est l'intĂ©rĂȘt de suivre un influenceur ou une influenceuse virtuelle ? Parce qu'en vrai, elle n'est pas vraie. On pourrait croire que c'est du fake.

Murielle Ballayer :

On suit un influenceur virtuel au mĂȘme titre qu'on suit le hĂ©ros d'une sĂ©rie qu'on aime, d'un film, d'un hĂ©ros. On va le suivre pour l'histoire qu'il raconte, mais aussi pour les contenus qu'il va partager, pour les valeurs qu'il peut partager et d'une façon probablement plus authentique et plus transparente que l'influence humaine. Parce qu'un influenceur humain, Ă  partir du moment oĂč il utilise des filtres, Ă  quoi il ressemble vĂ©ritablement ? À partir du moment oĂč il change de marque comme de chemise, quelles sont les marques qu'il cautionne vĂ©ritablement ? À partir du moment oĂč il est dans des dĂ©cors qui sont hyper idĂ©alisĂ©s, c'est quoi son vrai monde ? Un influenceur virtuel, il est faux, mais ça au moins, c'est vrai. Et c'est pour ça qu'on le suit, parce qu'on va rentrer, au moment oĂč on va le regarder, dans la fiction, dans le monde de la fiction. Et donc, on accepte ce contrat de lecture qui est « Je vais apprendre, me divertir"


Sabine Luxurytail :

Si je comprends bien, notre influenceur virtuel, il peut ĂȘtre parfois plus authentique qu'un influenceur humain.


Murielle Ballayer :

En tout cas, le contrat de lecture est transparent, exactement.

Sabine Luxurytail :


C'est tout Ă  fait clair, Murielle. Merci beaucoup. Finalement, aujourd'hui, les influenceurs virtuels s'attendent vers quoi et vont vers quoi ? C'est quoi leur avenir, selon toi ?

Murielle Ballayer :


Alors, je vais grossir le trait. Je pense qu'il y a deux grosses tendances.
La tendance la plus marquante, c'est d'utiliser des influenceurs virtuels pour singer les humains. Et ça, c'est vĂ©ritablement malheureux. Je ne pense pas qu'on ait besoin de singer Ă  nouveau les humains avec des personnages qui est Ă  l'esthĂ©tique parfaite dans des dĂ©cors extrĂȘmement idĂ©alisĂ©s. On le reproche suffisamment Ă  l'influence humaine. Moi, je pense qu'encore une fois, l'influence virtuelle, elle a un vĂ©ritable don pour la communication de valeur et on sait comment on en a besoin aujourd'hui pour traduire des missions sociales, sociĂ©tales ou environnementales.

Je donne un simple exemple avec Serena Williams. Serena Williams qui a lancé la poupée
Au dĂ©part, Serena Williams se promĂšne dans les aĂ©roports et sa petite fille Ă  l'Ă©poque joue avec une petite poupĂ©e noire et donc beaucoup de personnes l'arrĂȘtent en lui disant « Mais oĂč est-ce que vous l'avez trouvĂ© ? Parce qu'en fait, dans les magasins, c'est toujours des poupĂ©es blanches, etc. » Donc elle a trouvĂ© que cet objet et ce jouet de son enfant pouvaient ĂȘtre valeur, en tout cas, porter certaines valeurs. Elle en a fait un personnage virtuel avec une sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine. Ce personnage virtuel a un peu vĂ©cu sur les rĂ©seaux de Serena Williams pour ensuite avoir sa propre page sur Instagram, sa propre page sur TikTok et sur bien d'autres rĂ©seaux. Et donc elle va vĂ©ritablement parler aux jeunes filles d'inclusivitĂ©, dĂ©marche personnelle, de confiance en elles. Et ça en fait aussi des bandes dessinĂ©es, des Shein, des outils de merchandising. Mais lĂ , on voit qu' une influenceuse humaine ou une cĂ©lĂ©britĂ© humaine comme Serena Williams, qui n'Ă©tait pas forcĂ©ment lĂ©gitime Ă  incarner certains sujets ou qui ne voulait pas s'exposer sur certains sujets, Ă  travers un compagnon numĂ©rique, non pas un double numĂ©rique et pas de clonage, mais vĂ©ritablement Ă  travers un personnage de fiction nĂ© de A Ă  Z, on peut transmettre de belles valeurs.

Sabine Luxurytail :

En effet, je vois qu'elle a plus de 327 millions de followers, ce personnage virtuel.

Murielle Ballayer :

Et là, tu es uniquement sur Instagram, mais si tu regardes sur TikTok, tu verras aussi qu'il y a une belle communauté.

Sabine Luxurytail :

Super. Merci beaucoup, Muriel, pour cet Ă©clairage sur les influenceurs virtuels. Si tu avais un mot de la fin Ă  nous dire, ce serait quoi ?

Murielle Ballayer :


Alors, pour moi, une influence virtuelle, elle incarne deux stratégies. Elle incarne la stratégie du marketing d'influence et elle incarne les stratégies de personal branding. Et ce qu'on sait aujourd'hui l'importance du marketing d'influence pour capter l'attention des audiences et on connaßt le pouvoir du personal branding sur les algorithmes qui poussent effectivement ces contenus. Pour moi, l'influence virtuelle est effectivement sur ces deux stratégies fondamentales qui permettent de toucher les audiences.

Sabine Luxurytail :

Oui, et en plus, je rajouterais, par rapport Ă  un ambassadeur humain, le coĂ»t, le retour sur investissement peut ĂȘtre aussi intĂ©ressant, finalement.

Murielle Ballayer :

Parfois, effectivement, le ticket de l'influence humaine est extrĂȘmement cher et Ă  partir du moment oĂč on dĂ©veloppe un influenceur virtuel, on va dire qu'on a un coĂ»t de setup qui peut ĂȘtre diffĂ©rent en fonction des technologies qu'on va utiliser, du nombre de contenus qu'on va avoir. Mais c'est vrai que l'influenceur virtuel nous permet de disposer ensuite d'une bibliothĂšque d'assets, d'une bibliothĂšque de contenu qui peut ĂȘtre rĂ©utilisĂ©e, exploitĂ©e et ensuite, effectivement, le ticket de cet influenceur est beaucoup plus abordable.


Sabine Luxurytail :

Donc, il faut dire aux maisons de Luxe de venir te voir dans ton agence pour qu'elles puissent créer des influenceurs virtuels, alors ?

Murielle Ballayer :

Exactement. Tant qu'il s'agit de messages Ă  impact positif pour incarner une telle valeur avec grand plaisir.

Sabine Luxurytail :


Merci beaucoup, Muriel, pour ce moment passé avec toi et trÚs instructif. Un grand merci à toi.

Murielle Ballayer :


Merci pour ton invitation. J'Ă©tais ravie de participer.

Sabine Luxurytail :

Rendez-vous trÚs vite pour un prochain épisode, L'été luxe retail, le pouvoir du Web 3.



đŸŽ™ïžPodacast enregistrĂ© au Soho House le mercredi 5 juillet 2023



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