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Luxe & Retail Formation sur-mesure |Coaching 

đŸŽ™ïžPodcast : Le pouvoir du Web3 avec Karen Jouve

DerniĂšre mise Ă  jour : 4 janv.

Invitée : Karen Jouve



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Sabine Luxurytail


C'est l'Ă©tĂ© avec Luxurytail. Bienvenue dans le podcast l'Ă©tĂ© avec « Luxurytail, le pouvoir du Web3 ». Je suis Sabine et je suis ravie de partager avec toi ma nouvelle passion pour le Web3. Bienvenue dans l'Ă©pisode n°7 du podcast « L'Ă©tĂ© luxurytail, le pouvoir du web 3 ». Je suis ravie de recevoir Karen Jouve, CEO et co-founder de Doors3, de Dorsport et chroniqueuse au sein du Journal du Luxe. Bien bonjour Karen, bienvenue sur le podcast L’étĂ© Luxurytail. Un grand merci Ă  toi de participer Ă  notre Ă©mission.




Est-ce que tu peux te présenter ?


Karen Jouve

Salut Sabine, ravie aussi, merci pour ton invitation et pour cette superbe initiative. Pour me prĂ©senter rapidement, Karen Jouve, je suis CEO et co-fondatrice de Doors, qui est le premier cabinet de conseil indĂ©pendant dĂ©diĂ© au Web3 et au MĂ©taverse. On s'est crĂ©Ă© il y a un peu plus d'un an et demi. On accompagne un peu plus de 20 clients qui sont plutĂŽt des grands groupes et des marques, notamment une partie Ă©videmment dans l'univers du luxe et du retail. Et j'ai 28 ans, je suis situĂ©e Ă  Marseille oĂč il fait actuellement trĂšs beau et chaud. Et puis voilĂ , Ă©coute, je pense qu'on aura l'occasion de discuter de tout le reste juste aprĂšs.




Sabine Luxurytail

Alors pour nos auditeurs, nous sommes Ă  Paris et il fait froid, il pleut. Aujourd'hui, on va parler de plein de sujets parce que ta sociĂ©tĂ© commence vraiment Ă  ĂȘtre connue, Ă  se dĂ©velopper, tu es vraiment prĂ©sente de partout. Et moi, ma premiĂšre question, en lien bien sĂ»r avec la thĂ©matique du Web3, ça fait quoi finalement d'ĂȘtre l'une des rares femmes Ă  ĂȘtre dĂ©jĂ  CEO, tu es trĂšs jeune, et Ă  ĂȘtre dans cet univers que moi je trouve plutĂŽt assez masculin ?


Karen Jouve

Effectivement, malheureusement d'ailleurs, parce que la philosophie mĂȘme du Web3 et de la blockchain c'est d'ĂȘtre plutĂŽt ouvert, sans biais transparent donc on pourrait s'attendre Ă  un Ă©cosystĂšme assez ouvert. Et comme tu le dis, c'est plutĂŽt masculin, c'est plutĂŽt un Ă©cosystĂšme de tech guy. Et moi, au milieu de ça je suis un peu un ovni. Ça marque ma diffĂ©rence et j'aime bien le revendiquer. Je ne viens pas du monde de la tech Ă  la base, mĂȘme si c'est ce qui m'a toujours passionnĂ©e. Et en plus, effectivement, je suis une femme, je ne suis pas Ă  Paris. Je cumule tous les dĂ©fauts. Mais qu'est-ce que ça fait ? PremiĂšrement, je pense que c'est une fiertĂ©. En tout cas, moi je suis assez fiĂšre d'avoir rĂ©ussi et de continuer Ă  dĂ©velopper nos entreprises et Ă  tirer aussi les femmes vers le haut sur ces sujets-lĂ  de tech parce que je suis convaincue que l’adoption elle viendra aussi de lĂ , que tout le monde puisse se l'approprier, peu importe l'Ăąge, l’origine, l'appartenance ou le sexe du coup. Ce n’est jamais quelque chose qui m'a fait peur. J'ai fait beaucoup de sport dans ma vie, j'ai mĂȘme fait une formation militaire. Donc si tu veux Ă©voluer dans univers avec des hommes ça ne m'a jamais trop impressionnĂ©e. Au contraire, je crois beaucoup Ă  la complĂ©mentaritĂ©. D'ailleurs, j'ai deux associĂ©s qui sont des hommes mais ils sont devenus fĂ©ministes depuis. Mais voilĂ , je pense que c'est bien, ĂȘtre une femme dans l'Web3 aujourd’hui, c'est important. Il y en a quand mĂȘme, il y en a beaucoup, et d'ailleurs beaucoup en France qui sont Ă  des trĂšs hauts niveaux et il faut le souligner. Mais effectivement, il faut se serrer les coudes et il faut rĂ©ussir Ă  en amener encore plus parce que c'est ça le Web3 aussi, ça doit ĂȘtre un univers ouvert, sans biais. Et en tout cas, il faut qu'on continue sur cette voie-lĂ .


Sabine Luxurytail

C'est bien parti en tout cas avec nous Ă©galement, merci. Alors l'une des premiĂšres questions c'est, comment est-ce que tu dĂ©crirais l'Ă©volution rĂ©cente du luxe avec tout ce qui est l'avĂšnement Web3, de la blockchain, des cryptomonnaies, comment ces technologies, tu en parlais juste avant, peuvent-elles contribuer Ă  transformer l'ADN des marques de luxe tout en prĂ©servant finalement cette essence de rĂȘve ? On avait parlĂ© de mythe versus rĂ©alitĂ©, qu'est-ce que tu peux nous en dire ?


Karen Jouve

Oui, alors c'est vrai que c'est un sujet qui est passionnant et qui ne date pas d'hier, parce que le fait que les maisons de luxe s'intĂ©ressent Ă  l'usage de la technologie ne date pas du Web3, Ă©videmment, elles s'y sont mises avant. En revanche, ce qu'on voit et je pense que tu es bien placĂ©e pour le savoir, c'est que finalement les maisons de luxe, elles n'ont pas forcĂ©ment saisi tout le potentiel des prĂ©cĂ©dentes vagues technologiques. Elles ont d'ailleurs parfois un peu ratĂ© le coche sur certaines vagues technologiques. Et je pense que la premiĂšre chose c'est qu'il y a des attributs et des valeurs communes entre le Web3 et le Luxe, notamment des valeurs de raretĂ©, d'authenticitĂ©, de transparence, de traçabilitĂ© qui collent bien avec l'ADN et les valeurs du Luxe, et avec ce que le Luxe souhaite renvoyer aujourd’hui, Ă  la fois auprĂšs de ses consommateurs mais aussi en interne auprĂšs de ses collaborateurs.



‹Ensuite, je pense aussi que le luxe a trĂšs vite vu le potentiel du Web3 comme vague technologique globale et donc de tous ces cas d'usage sous-jacents et de sa technologie comme pouvant venir accĂ©lĂ©rer ou magnifier un certain nombre de cas d'usage qu'il cherche Ă  adresser aujourd'hui. Pour en citer quelques-uns, on est aujourd'hui face Ă  des nouvelles gĂ©nĂ©rations qui ne veulent plus consommer de la mĂȘme maniĂšre, qui veulent co-crĂ©er, qui sont trĂšs sensibles aux enjeux environnementaux par exemple. Et le Web3 peut venir aider finalement les maisons de luxe Ă  rĂ©pondre Ă  ces enjeux-lĂ  d'un point de vue de la customer experience, pour avoir une expĂ©rience plus fluide, plus transparente, remettre de la confiance, remettre aussi cette notion justement de raretĂ© et de rĂȘve au milieu. Et puis, le Web3 peut Ă©videmment rĂ©pondre aussi Ă  des enjeux d'excellence opĂ©rationnelle qui sont clĂ©s aujourd'hui pour les maisons de luxe, notamment autour de la RSE, comment mieux tracer, mieux authentifier la provenance par exemple des matiĂšres premiĂšres, autour aussi de la data, il y a un vrai enjeu aujourd'hui de CRM et de data, mais aussi autour de la crĂ©ativitĂ©, comment demain on va crĂ©er l'univers de luxe dont on a envie, qui nous plaĂźt.


‹Évidemment, on ne se sĂ©parera pas des directeurs artistiques, au contraire, mais on viendra accĂ©lĂ©rer par un certain nombre d'outils, avec de l'IA aussi. Finalement, le Web3, ce n'est pas la rĂ©ponse Ă  tout. Ce sont avant tout des outils et des moyens. Effectivement, mythe ou rĂ©alitĂ©, il y a eu beaucoup de mythes, notamment sur la spĂ©culation, sur toute la hype qu'on a vue. Ce n'est pas lĂ -dessus que les maisons de luxe vont se centrer. D'ailleurs, on voit et on en parlera je pense aprĂšs avec des cas d'usage comme Dior par exemple, qu'on sort de cette logique web 3 pour web 3 et on va plutĂŽt sur des cas d'usage rĂ©alistes Ă  forte valeur ajoutĂ©e qui permettent de construire les domaines d'expression du luxe de demain.


Sabine Luxurytail

Écoute, lĂ  pour l'instant tu as rĂ©pondu Ă  peu prĂšs Ă  mes neuf questions, donc on va rentrer dans le dĂ©tail. On est vraiment tout ce qui est authentification sur la blockchain, on avait les exemples de Loro Piana qu'on a dĂ©jĂ  citĂ© pour la provenance, on va vraiment citer d'autres exemples, mais justement certaines marques de luxe ont dĂ©jĂ  adoptĂ© ces pratiques.


Mais quels sont les facteurs clés qui peuvent encourager une marque de luxe à intégrer le Web3 dans sa stratégie ? Et quels sont les bénéfices qu'elle peut en attendre ?

Parce qu'on voit aujourd’hui, comme tu viens de donner l'exemple de Dior avec sa sneaker qui a fait un drop la semaine derniĂšre, les maisons du groupe LVMH je trouve qu'en ce moment on est en grande phase d'accĂ©lĂ©ration, mais comment les maisons peut-ĂȘtre un peu plus petites ou des maisons indĂ©pendantes, comment les convaincre qu'il y a vraiment un enjeu majeur Ă  intĂ©grer ce Web3 avec les thĂ©matiques que tu as dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©es ?



Karen Jouve

C'est une vaste question, on pourrait passer des heures à y répondre et c'est tout l'enjeu du métier qu'on fait toi et moi d'ailleurs. Je pense qu'il y a deux éléments clés. Le premier, c'est qu'encore une fois, nous, on ne voit pas le Web3 comme une finalité en tant que telle. Ce qui est sûr, c'est qu'on est convaincus que c'est une vague technologique et culturelle majeure et que globalement la question ce n'est pas de se demander si on doit y aller, c'est plutÎt quand, comment et pourquoi.


‹Parce que globalement tout le monde finira par y aller, comme les vagues technologiques prĂ©cĂ©dentes. Et l'autre conviction qu'on a aussi, c'est que mĂȘme si les premiĂšres activations ont beaucoup Ă©tĂ© des activations d'images, marketing, voire de gĂ©nĂ©rations de revenus presque poussĂ©es Ă  l'extrĂȘme, qui Ă©taient presque surrĂ©alistes, il faut voir le Web3 comme une transformation profonde, de long terme et durable. Et en tout cas, les marques doivent s'inscrire lĂ -dedans. Ce qui ne veut pas dire qu'il faut abandonner des activations d'images, parce qu'on sait trĂšs bien que c'est aussi intrinsĂšque Ă  leur mode de fonctionnement. Mais du coup les facteurs clĂ©s c'est de se poser la question, non pas de se dire pourquoi j'intĂ©grerais le Web3 mais plutĂŽt quels sont mes enjeux clĂ©s aujourd'hui, mes piliers stratĂ©giques de marque et en quoi le Web3 et ses outils peuvent venir y rĂ©pondre, voire les accĂ©lĂ©rer. Et par exemple, Il y a des enjeux stratĂ©giques clĂ©s auxquels rĂ©ponde le Web3 pour les maisons de luxe.


‹Il y a notamment, Ă©videmment, construire l'expĂ©rience client de demain. VoilĂ , l'expĂ©rience client demain, on en est tous d'accord, elle sera immersive, elle sera augmentĂ©e, elle sera ultra personnalisĂ©e, elle sera transparente. Mais une fois qu'on s'est dit ça, il faut le mettre en Ɠuvre. Et en fait, beaucoup de cas d'usage du Web3 peuvent permettre de faire cela. Le deuxiĂšme enjeu, c'est Ă©videmment faire de l'acquisition, targueter, engager et fidĂ©liser ces nouvelles gĂ©nĂ©rations qui sont compliquĂ©es Ă  saisir. Et ça, c'est au cƓur des stratĂ©gies de toutes les maisons de luxe aujourd'hui, comment je m'adresse Ă  ces nouvelles gĂ©nĂ©rations. Le troisiĂšme enjeu, c'est comment je construis aussi de nouveaux business models et de nouvelles lignes de revenus demain. Parce que mĂȘme si le Web3, ça ne doit pas ĂȘtre le seul enjeu, il ne faut pas se leurrer. Aujourd'hui, les maisons de luxe, elles ont aussi des enjeux business comme tout le monde. Donc, comment demain on change en fait ces business models et comment on s'inscrit un peu dans une nouvelle dynamique qui peut venir par exemple du token gate, du CRM 3.0, voire d’autres. Et ensuite, effectivement, il y a tout cet enjeu finalement quand mĂȘme de brand awareness autour des piliers forts d'une marque qui peuvent ĂȘtre la RSE, par exemple, l'engagement employĂ©. Comment je viens accĂ©lĂ©rer ça avec des nouveaux outils, des nouveaux moyens ? Parce qu'on n'en parle pas trop, il y a beaucoup d'enjeux internes aussi pour les maisons de luxe. Comment je vais attirer des nouveaux talents ? Comment je vais les fidĂ©liser ? Tout ça, on peut le faire aussi grĂące Ă  des NFT, grĂące Ă  du metaverse. MĂȘme pour des plus petites marques, des plus petites entreprises, Ă©videmment, elles ne le prendront pas de la mĂȘme maniĂšre et elles n'investiront pas la mĂȘme chose. Pour autant, il y a Ă©normĂ©ment d'accĂ©lĂ©rateurs, de quick win Ă  construire autour des grands piliers stratĂ©giques des marques.


Sabine Luxurytail

Quand tu parles de l'engagement employeur, je trouve que vraiment c'est intĂ©ressant parce qu'on peut vraiment faire un onboarding de collaborateurs d'une nouvelle maniĂšre, on peut les emmener sans les emmener dans leur manufacture grĂące Ă  la rĂ©alitĂ© augmentĂ©e, on peut au niveau du marketing ou de la communication comment des programmes de fidĂ©lisation 3.0 vont faire qu'aujourd'hui on va engager une nouvelle cible de clientĂšle d'une autre maniĂšre grĂące justement au CRM 3.0. Mais pour cela, moi je pense que les maisons, les marques d'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale ont besoin d'ĂȘtre acculturĂ©es en interne pour comprendre ces enjeux parce que pour moi, tu le sais Ă©galement, les Ă©tudiants, il y a de plus en plus, quand un sujet est Ă  la mode, il va y avoir de plus en plus de programmes qui vont s'ouvrir sur la blockchain, sur le CRM 3.0, sur les NFT et que ces jeunes seront prĂȘts Ă  entrer dans les entreprises mais que les entreprises ne seront pas prĂȘtes Ă  les accueillir parce qu'elles ne sauront pas de quoi on parle.


Karen Jouve‹

Exactement. Alors ça, je ne l'ai pas dit quand je me suis prĂ©sentĂ©e, mais moi j'ai dĂ©marrĂ© ma carriĂšre dans le conseil en transformation digitale. Et donc, mon mĂ©tier c'est vraiment ça depuis toujours, c'est d'accompagner des transformations complexes. Et mĂȘme si ce n'Ă©tait pas toujours des sujets aussi innovants et disruptifs que le Web3, j'ai envie de dire, ça c'est la rĂšgle absolue. De toute façon, dĂšs qu'il y a une transformation, il y a besoin, un, de conduite du changement et deux, d'acculturer et d'onboarder. Parce qu'effectivement jusqu'Ă  maintenant, et nous on le voit, le sujet a Ă©tĂ© pris soit par des directions spĂ©cifiques, par exemple de l'innovation, du digital ou marketing, soit directement par des directions gĂ©nĂ©rales parce qu'aujourd'hui il y a beaucoup de dirigeants, et c'est top, qui ont une vision et qui ont donc l'ambition. Mais, si on veut qu'il y ait une transformation profonde qui se fasse et qu'on rĂ©ponde Ă  des enjeux concrets, il faut que toutes les directions mĂ©tiers puissent s'en saisir. Et comme tu le dis, pour deux raisons, dĂ©jĂ  un, pour porter des sujets aussi bottom-up et pas uniquement top-down et donc faire remonter les sujets terrain, les sujets mĂ©tiers, et ça, c'est vraiment le complexe depuis des dizaines d'annĂ©es de tous les consultants qui essayent d'amener les clients Ă  faire ça. Et deuxiĂšmement, effectivement, pour prĂ©parer le terrain des prochaines gĂ©nĂ©rations qui vont arriver. Et nous, c'est quelque chose qu'on accompagne beaucoup aujourd'hui, non seulement l'acculturation et l'onboarding des directions gĂ©nĂ©rales et des directions mĂ©tiers pour se saisir de ces sujets et tout simplement mieux les comprendre, et comprendre que ce n'est pas juste quelque chose qu'on vient leur rajouter mais que c'est des nouveaux outils Ă  leur destination pour rĂ©pondre Ă  des enjeux, et aussi pour commencer Ă  structurer des structures en interne, des business units dĂ©diĂ©s, comme c'est le cas d'ailleurs chez beaucoup de maisons de luxe.


‹Parce que c'est aussi une rĂ©alitĂ©, demain, si on veut que ces projets-lĂ  soient pris en transverse et qu'ils ne soient pas juste comme ça dans un nuage qui vole autour, ils doivent aussi avoir une gouvernance, une structure, une comitologie et des gens qui l'incarnent en interne. Et nous aujourd'hui, on accompagne beaucoup de clients lĂ -dessus parce que c'est indispensable et on le voit dans les rĂ©ussites qu'il y a aujourd'hui. Bien souvent, c'est incarnĂ©, bien souvent, il y a une structure derriĂšre. Il y a un accompagnement, mais il y a aussi une structure interne, et ça pour les jeunes justement, ceux qui veulent prendre des postes comme ça, c'est hyper excitant en fait parce qu'ils sentent aussi que l'entreprise est prĂȘte Ă  s'investir sur ces sujets-lĂ , quelque part ĂȘtre un peu pionnier, parce que oui, on n'a pas la science infuse, on ne sait pas de quoi sera fait dans dix ans, mais en attendant c'est les marques qui se lancent aujourd'hui qui seront les leaders demain.


Sabine Luxurytail‹

Exactement, au moment oĂč on n'est clairement pas sur un sujet one shot, ce n'est pas la mode que de faire un drop de NFT, que de parler du web 3, c'est ce qu'on dit depuis le dĂ©but, le web 1, le web 2, le web 3 c'est une Ă©volution, je lisais encore un article sur le web 4. On va essayer de faire en sorte que les gens comprennent le Web3, on va y aller gentiment, mais en fait ça va ĂȘtre une nĂ©cessitĂ©, c'est nouveau mais je pense qu'on n'est pas sur quelque chose d'Ă©phĂ©mĂšre au contraire et justement ma question va porter sur cette nouvelle gĂ©nĂ©ration qui sont comme tu le sais trĂšs engagĂ©s dans le gaming et comment les marques de luxe peuvent-elles utiliser cette passion pour le gaming pour crĂ©er des expĂ©riences uniques et mĂ©morables pour la cible Gen Z ?


Karen Jouve

DĂ©jĂ , je pense qu'il y a quelques chiffres clĂ©s qui sont pas mal Ă  avoir en tĂȘte. ‹Le premier et je tiens ça de SĂ©bastien BorgĂ©, que je salue d'ailleurs de The Sandbox, qui prĂ©sentait ça et je trouve ça pertinent de revenir Ă  ça.


Aujourd’hui, 50% de la population mondiale est digital native.

Et ça, c'est clĂ© parce que dĂ©jĂ , ce n'est jamais arrivĂ© jusqu'Ă  maintenant. Ça ne va faire que croĂźtre. Et ce que ça signifie c'est que globalement, on ne peut plus considĂ©rer le contenu, l'expĂ©rience comme on l'a considĂ©rĂ© avant. Et en fait, moi, c'est ce que je dis souvent Ă  mes clients. On ne peut mĂȘme pas se poser la question de se dire, est-ce qu'il faudrait ? Non, en fait, il faut y aller. Globalement, ces gĂ©nĂ©rations-lĂ  et j'en fais partie, consomment via le digital et tout l’enjeu ça va ĂȘtre de crĂ©er le lien entre le digital et le physique. Ensuite, dans d'autres chiffres clĂ©s il y a une Ă©tude, tu l'as vue rĂ©cente, du BCG qui est sortie et qui montre que globalement le pourcentage de la Gen Z et des millennials qui consomment dans le luxe est Ă©norme, en fait c'est plusieurs millions de dollars et elle va doubler pour arriver en 2026 Ă  75% des consommateurs de luxe qui seront de cette gĂ©nĂ©ration-lĂ . Donc lĂ  aussi on n'est pas face Ă  un micro-phĂ©nomĂšne et on comprend bien pourquoi les marques ont besoin de se focus sur cela. Quand tu vois ensuite que les gens de ces digital natives passent en moyenne 12 heures par semaine sur des plateformes de jeux vidĂ©o, lĂ  effectivement tu l'as dit, se poser la question ce n'est mĂȘme pas d'actualitĂ© en fait. Donc aprĂšs la question, c’est comment en tant que marque de luxe on va lĂ -dedans ? Et lĂ  il y a un vrai dilemme parce que d'un cĂŽtĂ©, elles sont obligĂ©es d'y aller, d'emprunter les codes du gaming et on ne parle mĂȘme plus lĂ  de gamification, on parle carrĂ©ment de gaming, de jeux vidĂ©o et on voit toutes les expĂ©riences qu'il y a sur Roblox, sur Fortnite, etc. Et de l'autre, cette exigence quand mĂȘme de minimalisme, d'esthĂ©tisme, qui n'a rien Ă  voir avec ce gaming et donc on est face Ă  un dilemme.


‹Mais quand on voit Louis Vuitton qui signe un partenariat avec Epic Games on voit quand mĂȘme bien qu'on est dans la rĂ©alitĂ©. Donc, qu'est-ce qu'elles vont chercher ? Finalement, elles vont chercher dĂ©jĂ  Ă  adopter les codes de cette nouvelle gĂ©nĂ©ration. Ce qu'on se dit, c'est au lieu d'essayer de les attirer, pourquoi on n'irait pas directement sur la plateforme sur laquelle ils sont au quotidien ? Pourquoi il y a 10 ans et encore aujourd'hui, Instagram, ça a fonctionnĂ© et mĂȘme TikTok, parce qu'en fait ils sont allĂ©s chercher les consommateurs lĂ  oĂč ils Ă©taient globalement. LĂ , c'est le mĂȘme principe. Aujourd'hui, les consommateurs sont sur des plateformes de gaming. Ils consomment d'ailleurs des wearables. On est en train de complĂštement bouleverser la maniĂšre dont on fait du marketing. On passe de direct to consumer Ă  du direct to avatar. Quand on prend l'exemple de Gucci dans Roblox, on peut bien imaginer que tous les gamins, parce qu'il faut le dire c’est des gamins entre 8 ans et 14 ans qui demandent Ă  leurs parents de leur acheter des skins et des wearables Gucci, Ă  18 ans, ils demanderont sĂ»rement d'acheter un vrai habit Gucci.




‹Donc, en fait, c'est un pari sur l'avenir pour les marques. Et on passe du coup de direct-to-Avatar Ă  aussi demain du direct-to-wallet. Et donc, on redĂ©couvre la maniĂšre dont on va aborder ces stratĂ©gies marketing. Et aprĂšs, voilĂ  encore une fois tout l’enjeu c'est de faire le lien et de cette stratĂ©gie un peu gaming, comment derriĂšre on en tire des enjeux clĂ©s autour du CRM par exemple, autour de l'engagement client, autour de la fidĂ©lisation et aussi autour de thĂ©matiques comme la sustainability. Parce que ces nouvelles gĂ©nĂ©rations-lĂ , et ça, c'est assez fort, elles sont hyper tournĂ©es, et tant mieux, sur ces sujets green. C'est inconcevable pour elles d'aller consommer en Ă©tant Ă  l'inverse, en fait, de leur Ă©thique et de leur croyance. Et donc, il faut aussi rĂ©pondre Ă  ces enjeux. Et lĂ , il y a beaucoup de cas d'usage qui se dĂ©veloppent, par exemple, sur la seconde main autour de ça.


Sabine Luxurytail‹

Tout Ă  fait. Au niveau des avatars, je n'ai pas les chiffres en tĂȘte mais le temps qu'une personne va mettre pour crĂ©er son avatar c'est juste incroyable. La tension qu'elle va apporter Ă  la crĂ©ation de son avatar et ensuite le budget qu'elle va avoir pour pouvoir l'habiller. J'avais lu une Ă©tude, Forever 21 avait crĂ©Ă© un bonnet rose pour ses avatars et ça leur avait coĂ»tĂ© 500 dollars. Et il s'est avĂ©rĂ© qu'ils en ont tellement vendu qu'ils ont gĂ©nĂ©rĂ© un chiffre d'affaires incroyable. Et du coup, du digital, ils en ont fait un produit IRL, In Real Life, et le succĂšs du bonnet de l'avatar et du bonnet que les jeunes filles pouvaient porter a Ă©tĂ© incroyable. Et en fait, la leçon marketing c'est que ça ne coĂ»te rien de crĂ©er un bonnet pour un avatar et le retour sur investissement est juste Ă©norme. Et par la suite, je crois que c'Ă©tait je ne sais pas moi 10 dollars sur l’avatar, ils l'ont vendu Ă  20 dollars, je ne suis pas tout Ă  fait sur des chiffres, en boutique, mais ça a Ă©tĂ© incroyable. Ce n'est plus mon avatar s'habille comme moi, c'est je vais m'habiller comme mon avatar. Et je trouve que c'est assez incroyable en fait.


Karen Jouve

Oui, tout Ă  fait. Et ça, les marques et pas que dans le luxe elles ont mis un peu de temps quand mĂȘme Ă  le comprendre en pensant que c'Ă©tait un phĂ©nomĂšne de mode. Et en fait, c'est loin d'ĂȘtre un phĂ©nomĂšne de mode. Et d'ailleurs, quand tu parles Ă  des gamers, en fait, ils te le disent eux, ça fait quand mĂȘme des annĂ©es qu'ils sont lĂ -dedans. Et c'est un marchĂ© aujourd'hui Ă  plusieurs milliards, donc c'est une rĂ©alitĂ©.


Sabine Luxurytail

Quand on voit Squeezie, les taux d'audience qu'il génÚre sur son e-sport, non ce n'est pas quelque chose à prendre à la rigolade, ça c'est clair. Tout à l'heure, tu parlais de Gucci sur Roblox et on a également des collabs Gucci X Vans. C'est incroyable. Donc, on est sur des maisons de luxe qui commencent à entrer dans ces univers de gaming, on est sur des maisons de luxe qui vont défiler sur des centres à Londres avec la Metaverse Fashion Week, et on est sur des maisons de luxe qui collaborent avec des équipementiers sportifs ou des marques sportwear comme Vans, avec un vrai succÚs d'audience. C'est un public qui ne s'intéressait pas forcément à l'univers du luxe, ce n'était pas la cible des maisons de luxe mais qui le devient du fait de s'adresser à eux via le Web3 et tous ces enjeux.



Karen Jouve

Exactement.


Sabine Luxurytail

Pour parler un petit peu, on avait évoqué ça ensemble pour préparer le podcast, on parlait de vocabulaire. En fait, il y a certaines maisons de luxe qui sont plutÎt réticentes à utiliser des termes techniques. Il y a le mot NFT, parfois c'est un gros mot, on va utiliser collectibles, bon pour moi c'est pareil. Mais finalement, on comprend, si on ne sait pas ce que c'est, on ne saura pas plus ce que c'est qu'un collectible. Mais comment tu trouves, comment tu vois l'approche des marques de luxe pour familiariser leur clientÚle en fait aux nouvelles technologies du Web3, à ce vocabulaire ? Tout en utilisant un langage simple et accessible.


Karen Jouve

En fait, ça c'est un sujet que nous on a trĂšs vite vu. On a dĂ©marrĂ© en 2016 dans la blockchain, on ne parlait mĂȘme pas de Web3 Ă  ce moment-lĂ . C'est ça qui est un peu Ă  la fois fascinant et complexe. C'est qu’aussi le Web3 c'est vite devenu un mot un peu buzzword dans lequel les gens mettent un peu tout et rien. Donc finalement, ça a Ă©tĂ© galvaudĂ©. Mais quand on Ă©tait en 2016-2017, on Ă©tait impressionnĂ©s de voir que la vision Ă©tait trĂšs techno-centrĂ©e. Donc, globalement personne ne comprenait rien, encore moins qu’aujourd'hui puisque c'Ă©tait uniquement Ă  destination des tech guys. Et nous, ce qu'on disait toujours c'est de toute façon vivement qu'on sorte des use case game changers qui permettront justement d'arrĂȘter de parler de la techno et de plutĂŽt parler des cas d'usages. Ça a bien fonctionnĂ© puisque derriĂšre se sont popularisĂ©s tous les use case, crypto, NFT, Metaverse, Web3, etc. Et lĂ , en fait on est retombĂ© encore dans une espĂšce de piĂšge oĂč on remet un mot savant que les gens galvaudent plus ou moins. Un coup c'est positif, un coup, c'est nĂ©gatif. Les mĂ©dias s'en emparent en disant ça y est, c'est la folie puis aprĂšs c'est mort.


La rĂ©alitĂ© lĂ -dedans, c'est que nous on croit beaucoup au fait qu’on aura rĂ©ussi l'adoption gĂ©nĂ©rale le jour oĂč on n'en parlera plus globalement. Aujourd'hui, je ne pense pas que les gens parlent de TPS, HTML, ils ne parlent pas de tout ce qui se passe derriĂšre les rĂ©seaux sociaux, ils parlent du cas d'usage en tant que tel. Donc lĂ , on est Ă  peu prĂšs dans cette pĂ©riode de transition. ForcĂ©ment, il y a encore besoin d'en parler puis il y a un cĂŽtĂ© aussi image de dire telle marque va dans le Web3. Mais si on prend le cas de Dior et ça a Ă©tĂ© le cas de d'autres marques qui l'ont fait depuis, on utilise de moins en moins ces mots-lĂ . En fait, on utilise beaucoup plus l'usage et l'utilitĂ© que ça va apporter Ă  l’utilisateur parce que finalement, pour te donner un exemple que nous on accompagne, dans un secteur qui n'a rien Ă  voir avec le luxe, dans le rugby. On a dĂ©veloppĂ© un certain nombre de tickets collectors mais en fait on n'a jamais parlĂ© de NFT, on parlait de tickets collectors parce qu'on s'adresse Ă  une audience, des gens qui vont au stade de rugby, qui ne sont pas du tout en tout cas pour la majoritĂ©, acculturĂ©s Ă  ces sujets-lĂ  et si on leur avait dit une seule fois que c'est un NFT, personne ne l'aurait pris.


Alors qu'en fait, utiliser leur langage habituel, leur montrer les utilitĂ©s que ça offre et dire en fait oui, by the way, quand vous vous connecterez vous capterez qu'il y a de l'innovation derriĂšre mais Ă  la limite on s'en fout, aujourd’hui la majoritĂ© des gens c'est comme le QR code ils s'y sont faits, ils scannent, ils voient ce que ça leur fait apparaĂźtre et c'est tout, ils ne se posent pas la question de l'outil tech qu'on utilise derriĂšre. Donc, je pense qu'on est vraiment sur cette tendance et qui doit prendre, de trouver le juste milieu entre montrer l'innovation qu'on fait et s'adresser en direct Ă  l'utilisateur avec des mots qu'il connaĂźt.


Effectivement, tu disais collectibles, je ne sais pas vraiment si c'est plus simple que NFT, mais des fois, pourquoi ne pas parler tout simplement ? Typiquement, l'exemple de Dior, c'est une stickers jusque-lĂ  tout va bien, il suffit de scanner on se rend compte qu'on tombe sur quelque chose.


‹Un exemple qui est assez intĂ©ressant, c'est l'exemple de la Chine. En Chine, ils sont trĂšs pragmatiques lĂ -dessus et aujourd'hui, ils ne parlent absolument pas, par exemple, de mĂ©taverse mais ils le vivent. C'est-Ă -dire que directement depuis WeChat un certain nombre de maisons de luxe, par exemple, permettent d'aller dans univers immersif. À aucun moment on leur dit « attention, vous entrez dans le mĂ©taverse ». Non, en fait, ils cliquent sur un lien, comme toi tu cliquerais sur un coupon de rĂ©duction, et ils arrivent dans un univers immersif. Et en fait, ça c'est un peu notre spĂ©cialitĂ© quand mĂȘme en Occident, c'est de vouloir beaucoup intellectualiser les choses lĂ  oĂč finalement ce que cherchent les utilisateurs c'est juste de l'utilitĂ©, de l'accessibilitĂ© et une expĂ©rience qui soit la plus seamless possible. Donc voilĂ , je pense qu'on va s'orienter lĂ -dessus, en tout cas nous, on amĂšne nos clients Ă  aller lĂ -dessus aussi parce qu'il y a une rĂ©alitĂ©.

‹Aujourd'hui, il y a 11 % des gens en France qui dĂ©tiennent des cryptoactifs, donc c'est beaucoup et pas beaucoup. Finalement, si on veut convaincre les 99% autres il faut parler le mĂȘme langage. Il ne faut pas aller leur imposer un langage ultra-technique qu'ils ne vont pas comprendre.


Sabine Luxurytail

Dans ce que tu disais Karen, on a eu pour l'Ă©pisode 6 Benjamin Mauger, on a parlĂ© des fan-tokens et en l'occurrence du site socios.com. Nous on est allĂ©s sur ce site internet qui est pour des fan-tokens oĂč tu choisis ton Ă©quipe de sport prĂ©fĂ©rĂ© mais je trouve que le langage est tellement clair, ça te donne accĂšs Ă  un droit de vote, Ă  la musique du DJ, le fanion que les gens vont avoir. Quand tu disais voilĂ  ce que ça va vous rapporter, vous aurez une sĂ©ance de dĂ©dicaces, vous pourrez parler, Ă©changer avec votre joueur de foot prĂ©fĂ©rĂ©, ça, ça leur parle et pourtant, ils ont achetĂ© un token via un wallet, un portefeuille virtuel. Et c'est exactement ça quand tu dis qu'en Europe, en France en particulier, on a besoin de faire du vocabulaire Ă  tout va. Quand nous, on voit que des maisons comme La Neige rĂ©cemment, Charlotte Tilbury ou bien Ralph Lauren sont dans le web 3, dans le MĂ©taverse.


Il suffit qu'on y aille, on est sur un site internet oĂč lacoste, on rentre dedans et puis on a des petits pop-up qui arrivent avec des vidĂ©os pour savoir la provenance du produit, la composition, un tuto pour savoir comment se maquiller, on est dedans, on ne se dit pas je suis dans le Web 3, dans le MĂ©taverse 2, je suis vraiment dans univers immersif. Et en effet, on a besoin de se justifier alors que finalement, en dĂ©montrant justement quand vous rentrez dans ce site internet vous aurez des tutos, vous allez avoir la provenance, vous verrez tout ce cĂŽtĂ© RSE que tu citais, en effet, peut-ĂȘtre que l'adoption sera plus simple.



Karen Jouve‹

Oui c'est ça et puis encore une fois il faut chercher l'usage et l'utilitĂ© parce que c'est la mĂȘme chose si on considĂšre pour le web 3, la majoritĂ© du temps on va adresser un sujet qui n'est pas un sujet en fait et donc on ne va pas rĂ©pondre Ă  une attente utilisateur ou une attente collaborateur. Donc aujourd'hui, c'est vraiment ça qu'il faut prendre en compte. C'est plutĂŽt, encore une fois, de regarder les enjeux et d'y rĂ©pondre. Et de toute façon, l'utilisateur, on le voit avec les vagues technologiques qu'il y a eu. Enfin, globalement, l'ĂȘtre humain est quand mĂȘme assez bien fait, il s'adapte trĂšs vite aux changements. Quand on voit comment tout le monde a fini par faire des visios, mettre des montres connectĂ©es, avoir un wallet, parce que typiquement, Apple a gĂ©nĂ©ralisĂ© cette idĂ©e de wallet qui est en fait juste un portefeuille numĂ©rique qui n'a rien Ă  voir avec la crypto, mais en fait tous ces mots-lĂ  sont entrĂ©s dans les mƓurs parce qu'entre guillemets ils sont arrivĂ©s, on l'a prouvĂ© par l'usage et on a arrĂȘtĂ© de se poser la question de comment on l'avait fait.


‹Et ça, c'est vraiment crucial. Et en plus, on est dans un moment oĂč il y a un rejet quand mĂȘme assez massif de beaucoup de gens autour du concept mĂȘme de Web3 et de NFT parce qu'il a Ă©tĂ© mal compris et que donc les gens ont pensĂ© que c'Ă©tait encore un coup marketing de plus. Et donc, il faut rĂ©ussir Ă  passer cette step, Ă  construire des cas d'usage Ă  forte valeur ajoutĂ©e oĂč les gens, en fait, de maniĂšre complĂštement seamless et invisible, le vivent sans mĂȘme en parler, en gros, globalement et ça, ça va passer par plein de choses. DĂ©jĂ , Ă©videmment, le fait que des grandes marques se mettent lĂ -dessus, moi, je crois beaucoup et nous, si on a choisi d'accompagner des groupes et des marques, c'est parce qu'Ă  un moment donnĂ©, on est tous des consommateurs et donc on consomme ces marques-lĂ . Et si, ces marques-lĂ  nous amĂšnent sur ces sujets-lĂ  on sera beaucoup plus familiers que si on s'y met par nous-mĂȘmes. Et de toute façon, toutes les vagues technologiques se sont faites comme ça.


DeuxiĂšmement, ça va venir par les devices. C'est sĂ»r que si demain c'est ultra fluide, le wallet c'est simple, aller sur un mĂ©taverse c'est facile ça ne met pas 10 minutes, on ne paye pas un casque 4000 euros, Ă©videmment que tout le monde ira. Tout ça, ça va venir progressivement et lĂ  aussi, c'est lĂ  oĂč c'est important d'avoir une certaine humilitĂ© et une agilitĂ©, c'est qu'on n'est qu'au dĂ©but. Il y en a beaucoup qui ont tendance Ă  oublier que les vagues technologiques ça met des annĂ©es et mĂȘme si aujourd'hui ça s'accĂ©lĂšre, il ne faut quand mĂȘme pas penser qu'en un an, tout va se faire. Il y a encore beaucoup de boulot d'un point de vue infrastructure et tech. Il faut avoir cette humilitĂ© de se dire qu'aujourd'hui, on est encore un peu dans du test and learn.On ne sait pas complĂštement de quoi sera fait demain, mais on est quand mĂȘme capable de faire des suppositions et d'ĂȘtre un peu pionnier et de tester et d'ĂȘtre agile parce que oui, des fois en six mois, en neuf mois, on dĂ©couvre des nouveaux cas d'usage, on dĂ©couvre des nouvelles fonctionnalitĂ©s, ça ouvre la voie Ă  de nouvelles choses. Et demain, il va y avoir des enjeux Ă©normes, par exemple d'interopĂ©rabilitĂ©. Mais ça, moi, des fois, on a des clients un peu pressĂ©s qui nous disent, non, mais lĂ , ce n'est pas interopĂ©rable. Et j'ai envie de leur dire, mais attendez, le truc s'est fait il y a six mois en fait. Imaginez-vous qu’Internet ça existe depuis les annĂ©es 90 et qu'aujourd'hui encore il y a mĂȘme des entreprises qui n'ont pas encore tout leur pack, leur suite office, qui n'ont pas encore de CRM. Donc, de lĂ  Ă  parler de MĂ©taverse et de Web3, c'est sĂ»r qu'on en est encore loin. Donc, il y a aussi cette prise de recul qui est nĂ©cessaire.


Sabine Luxurytail

Tout Ă  fait et je partage tout Ă  fait ton avis et pour justement l'avenir oĂč tu disais ce qui s'est passĂ© il y a six mois ça peut ĂȘtre obsolĂšte aujourd'hui. Peut-ĂȘtre pour conclure, on voit aujourd'hui l'Ă©mergence de l'intelligence artificielle qui offre de nouvelles possibilitĂ©s en matiĂšre de personnalisation, d'interaction, de sur-mesure. Je sais que tu as participĂ© rĂ©cemment Ă  Livre Blanc avec le Journal Du Luxe.


Est-ce que tu as des exemples peut-ĂȘtre concrets sur comment ces nouvelles technologies d'intelligence artificielle gĂ©nĂ©rative pourraient ĂȘtre notre alliĂ©, et je prĂ©cise bien le mot alliĂ©, et ne pas en avoir peur finalement ?

Karen Jouve

Oui, complĂštement. Alors nous, on est convaincus, lĂ  encore, pour nous, la dĂ©finition de Web3, ça ne doit pas ĂȘtre un fourre-tout, mais ça reste une vague technologique globale dans laquelle on a aussi l'arrivĂ©e Ă  maturitĂ© de l'IA et d'autres technologies, comme les IoT, par exemple, ou les rĂ©alitĂ©s mixtes. Évidemment, l'IA gĂ©nĂ©rative, je pense que c'est un des segments les plus prometteurs, en tout cas les plus visibles de l'IA vis-Ă -vis du grand public, mais aussi des entreprises. C'est clair qu'aujourd'hui, il y a des cas d'usage trĂšs concrets, par exemple dans les mĂ©taverses pour venir faire de l'ultra-personnalisation, du chat conversationnel. Demain, si on s'imagine dans une expĂ©rience d'immersive commerce, comme a pu le faire Clinique, par exemple, dans l'univers de la beautĂ©, ou mĂȘme Nars, Ă©galement en Chine, on s'imagine bien qu'au-delĂ  de tout ce que le Web3 et le MĂ©taverse pourront apporter, le fait d'avoir un agent conversationnel qui nous permet d'avoir une ultra-personnalisation comme on ne l'a mĂȘme pas dans la vie rĂ©elle, ça, ça apporte une vraie valeur ajoutĂ©e. L'intelligence artificielle, ça sert aussi dans tout le domaine de la crĂ©ativitĂ©.


Par exemple, pour les NFT, aujourd'hui beaucoup de collections sont gĂ©nĂ©rĂ©es de maniĂšre automatique, c'est-Ă -dire qu'il y a un artiste derriĂšre qui se fait aider de l'intelligence artificielle. On a aussi beaucoup d'IA dans le domaine de la finance dĂ©centralisĂ©e, de la blockchain et des cryptos. Donc finalement, l'IA peut ĂȘtre Ă  la fois un alliĂ© de la technologie et Ă©videmment un alliĂ© de l'ĂȘtre humain. Et en tout cas, on doit savoir l'adopter, l'utiliser Ă  bon escient mais c'est clair que ça ouvre la voie Ă  de nombreux cas d'usage. Et je pense vraiment que le meilleur cas d'usage, c'est l'ultra-personnalisation. C'est cette recherche vraiment d'une expĂ©rience sans couture, sur-mesure, ultra personnalisĂ©, dĂ©diĂ© Ă  soi, avec une self-expression, grĂące Ă  l'avatarisation, comme on le disait tout Ă  l'heure, Ă  cette capacitĂ© d'aller automatiser de la data, de pouvoir se rendre d'un canal Ă  l'autre de maniĂšre complĂštement seamless, du physique au virtuel, de l'immersif au statique et en rajoutant cette blockchain qui, elle, permet en tout cas d'anonymiser et de sĂ©curiser l'ensemble de ces donnĂ©es, parce que l'IA a aussi des biais Ă©videmment qu'il va falloir Ă©viter.


Sabine Luxurytail‹

Merci beaucoup Karen pour cette discussion trĂšs trĂšs riche je pense qu'on aurait pu rester trois heures Ă  discuter.


Karen Jouve

Ouais merci Sabine effectivement je pense que lĂ  heureusement qu'on n'Ă©tait pas dans le sud sur un transat parce qu'on en aurait parlĂ© toute l’aprĂšs-midi.


Sabine Luxurytail

Attention ne me chauffe pas ! Parce que je vais prendre mon billet d'avion et venir te voir. En tout cas, un grand merci d'avoir participĂ© au podcast « L'Ă©tĂ© luxurytail, le pouvoir du Web 3 ». Est-ce que tu as un mot de la fin Ă  nous dire ? Une actualitĂ© peut-ĂȘtre Ă  nous transmettre ?


Karen Jouve

En tout cas, merci encore pour ton invitation. Ravi de paraßtre parmi le panel de super speakers que tu as conviés. Non, je pense que le mot de la fin, c'est n'ayez pas peur. Allez-y, faites-vous bien accompagnés et suivez de prÚs on a pas mal d'annonces à faire dans les semaines à venir sur des trÚs belles marques qui se lancent à leur tour sur des sujets de long terme notamment autour de l'engagement, mais aussi de la gamification. Donc, stay tuned. Et pour ceux qui sont là cet été, rendez-vous à NFT Biarritz, qu'on a le plaisir de sponsoriser cette année encore.


Sabine Luxurytail

Merci beaucoup, Karen. Passe un bel été.


Karen Jouve

Merci, Sabine. Toi aussi.


Sabine Luxurytail

Merci. Rendez-vous trÚs vite pour un prochain épisode « l'été luxurytail, le pouvoir du web 3 ». Si tu aimes ce podcast, abonne-toi, commente, like, partage et laisse un avis 5 étoiles.


Podcast enregistré en zoom le Jeudi 27 juillet 2023

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